Selon le pire scénario modélisé par l’Unicef et l’Onusida, un financement des programmes mondiaux de lutte contre le VIH diminué de moitié entraînerait chez les enfants 1,1 million d'infections et 820 000 décès liés au sida supplémentaires d'ici à 2040.
La baisse des financements les expose à des risques accrus et menace d’anéantir des décennies de progrès, avertit l’Unicef à l’approche de la Journée mondiale de lutte contre le sida.
« Les enfants et les adolescents vivant avec le VIH continuent d’être laissés-pour-compte en matière de dépistage précoce, d’accès aux traitements vitaux et aux soins essentiels », dénonce l’organisation onusienne. Pour Anurita Bains, directrice adjointe du programme VIH et sida à l’Unicef : « Même si les pays ont réagi rapidement pour atténuer l'impact des coupes budgétaires, l'éradication du sida chez les enfants est compromise sans une action ciblée. Le choix est clair : investir aujourd'hui ou risquer de réduire à néant des décennies de progrès et de perdre des millions de jeunes vies. »
Dans son rapport intitulé « le coût de l’inaction », l’Unicef fait part de plusieurs scénarios de modélisation. En maintenant les niveaux de service actuels, il devrait encore y avoir 1,9 million de nouvelles infections et 990 000 décès liés au sida chez les enfants d'ici à 2040. À l’inverse, si les moyens fournis permettent d’atteindre les objectifs mondiaux, ce sont 410 000 infections VIH pédiatriques et 520 000 décès d’enfants liés au sida qui pourraient être évités à la même échéance.
Les acteurs sanitaires continuent de dénoncer les coupes budgétaires
La riposte mondiale au VIH subit actuellement « son revers le plus important depuis des décennies », a annoncé ce 25 novembre l'Onusida, pointant la crise de l'aide internationale qui a provoqué une « onde de choc » dans les pays fortement touchés par la maladie. À l’occasion d’un rapport publié pour la journée mondiale, Winnie Byanyima, directrice exécutive de l'Onusida, a mis en garde contre les « conséquences dévastatrices des coupes budgétaires internationales brutales de nombreux donateurs ».
En effet, les États-Unis ne sont pas les seuls à fermer les vannes. Durant le Sommet du Fonds mondial le 21 novembre, plusieurs pays européens ont promis des contributions bien inférieures aux années précédentes. « Les coupes sont dramatiques et généralisées », a déploré Winnie Byanyima.
Seuls 11,34 milliards de dollars ont été promis au Fonds mondial pour 2025
De son côté, Médecins sans frontières (MSF) avait appelé les principaux États donateurs, notamment la France, à financer les 18 milliards de dollars nécessaires à la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme. « Lorsque les financements sont insuffisants, ce sont les patients qui n’ont pas les moyens de se soigner qui en paient le prix », a déclaré Tess Hewett, conseillère en matière de politique de santé pour MSF. « La France a aujourd’hui l’opportunité de démontrer son rôle de leader dans le domaine de la santé mondiale en maintenant ou augmentant sa contribution », avait-elle plaidé.
Qu’en sera-t-il ? La France, absente du Sommet, a reporté l’annonce de son engagement monétaire à la fin des débats budgétaires, même si elle a indiqué continuer à soutenir le Fonds mondial. Les enjeux sont de taille : l'an dernier, 18,7 milliards de dollars étaient disponibles pour la riposte mondiale au sida, soit 17 % de moins que les besoins annuels évalués d'ici à 2030. Pour l’instant, en 2025, seuls 11,34 milliards de dollars américains ont été promis.
« La crise du financement a mis en évidence la fragilité des progrès pour lesquels nous nous sommes tant battus », a déclaré Winnie Byanyima. « Derrière chaque donnée de ce rapport se trouvent des personnes, des bébés et des enfants manqués par le dépistage ou le diagnostic précoce du VIH, des jeunes femmes coupées du soutien à la prévention, et des communautés soudainement laissées sans services ni soins. Nous ne pouvons pas les abandonner. »
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