Après un premier avis favorable au remboursement du Mounjaro (tirzépatide) dans l’obésité en septembre 2024, la Haute Autorité de santé (HAS) a réévalué le dossier à la lumière de nouvelles données fournies par le fabricant, sur la perte pondérale et le bénéfice sur les complications liées au poids. Ce 9 décembre 2025, elle confirme son feu vert pour le remboursement du Mounjaro dans l’obésité, mais cette fois, en faisant passer la spécialité d’une ASMR (pour amélioration du service médical rendu) 5 (inexistante) à 4 (mineure). Soit le même niveau d’ASMR que le Wegovy (sémaglutide), obtenue également après réévaluation.
« C'est un critère qui rentre dans la négociation de fixation de prix » qui devrait débuter « dans les prochains mois » avec le Comité économique des produits de santé, a indiqué à l'AFP une porte-parole d'Eli Lilly France. À ce jour, Mounjaro, indiqué à la fois dans le diabète et l’obésité, n’est remboursable dans aucune de ses indications.
Le nouvel avis de la HAS confirme le périmètre de remboursement de ce double analogue GIP/GLP-1 défini en 2024, à savoir une prescription en seconde intention - en cas d’échec d’une prise en charge hygiéno-diététique et d’activité physique bien conduite sur 6 mois (perte de poids de < 5 %) - chez l’adulte en obésité ayant un IMC initial ≥ 35 kg/m², et en complément d’un régime hypocalorique et d’une augmentation de l’activité physique. Soit, une indication de remboursement identique à celle du Wegovy (sémaglutide).
Dans son nouvel avis, la Commission de la transparence de la HAS insiste sur « l’importance fondamentale des interventions non médicamenteuses pour la prise en charge de l’obésité » avant et pendant le traitement médicamenteux. Elle rappelle la nécessité de réévaluer le traitement au bout de 6 mois et « d’envisager un éventuel arrêt en cas de perte de poids inférieure à 5 % ». Enfin, bien que la primo-prescription (et le renouvellement) soit désormais ouverte à tous les médecins, la HAS recommande une prescription du Mounjaro sur avis d’un spécialiste de la prise en charge de l’obésité.
Des données sur le bénéfice cardiovasculaire à venir
La réévaluation de la HAS a notamment porté sur des résultats de plusieurs travaux de phase 3 ayant montré que le Mounjaro, comparé au placebo, permettait chez des patients en obésité une amélioration du syndrome d’apnée du sommeil, une diminution du risque d'apparition du diabète et une réduction des événements liés à l'insuffisance cardiaque (en cas d’insuffisance cardiaque avec FEVG préservée). Ces données proviennent respectivement des études Surmount-OSA, Surmount-1 et Summit. Concernant un éventuel bénéfice cardiovasculaire, la Commission indique attendre des données pour le Mounjaro (étude Surmount-MMO), « le Wegovy ayant démontré un bénéfice cardiovasculaire modeste sur le 3P-MACE, toutefois sans effet mis en évidence sur la réduction des décès de causes cardiovasculaires ».
Enfin, la HAS stipule ne pas avoir déterminé qui du Wegovy ou du Mounjaro privilégier, « en l’absence de données comparatives robustes ». À ce sujet, des experts du Groupe de concertation et de coordination des centres spécialisés de l’obésité (GCC-CSO) et du réseau Force (French Obesity Research Centre of Excellence, F-CRIN) ont récemment publié une prise de position sur les traitements médicaux de l’obésité (TMO). « Les effets démontrés sur les complications de l'obésité participent au choix d'un TMO, en fonction de l'objectif médical partagé. Le groupe de travail propose de privilégier la prescription de certains TMO en fonction du phénotype du patient » (voir figure 6 des recommandations), indiquent-ils.
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