Reste-t-il des indications à la vitesse de sédimentation (VS) ? Non, répond la Haute Autorité de santé (HAS) dans un rapport d’évaluation publié ce 17 novembre, qu’il s’agisse d’un bilan de routine chez un patient asymptomatique ou pour le suivi des maladies de système et de cancers hématologiques.
Ce travail fait suite à une demande de l’Union nationale des caisses d'assurance maladie (Uncam) en vue d’un éventuel déremboursement. Si l’usage de ce test sanguin, prescrit majoritairement en médecine générale et en rhumatologie, est de moins en moins fréquent, il représentait en 2023 « près de seize millions d’actes remboursés par l’Assurance maladie, pour un montant de douze millions d’euros », rappelle la HAS dans un communiqué. En pratique, la vitesse de sédimentation évalue la vitesse avec laquelle les globules rouges d’un échantillon de sang se déposent au fond d’un tube.
Trois inconvénients majeurs
Pour son évaluation, la HAS s’est basée sur une analyse critique de la revue de la littérature, des avis d’experts individuels mais aussi le point de vue collectif « des organismes professionnels, filières maladies rares et des associations de patients et d'usagers ». Un point qui n’est pas sans importance alors que la HAS a passé en revue, indication par indication, un éventail de situations : bilan de routine chez un patient asymptomatique, mais aussi artérite à cellules géantes/pseudo-polyarthrite rhizomélique, lupus systémique, polyarthrite rhumatoïde, arthrite juvénile idiopathique, lymphome de Hodgkin, myélome multiple.
La HAS a mis en évidence trois inconvénients majeurs de la VS : pas reproductible (coefficients de variation inter- et intra-techniques pouvant atteindre 30 %) ; peu spécifique et affectée par de nombreux facteurs sans lien avec l’inflammation (âge et sexe) ; augmentation lente (peut être encore normale alors qu’une inflammation est déjà en cours). Par ailleurs, outre la clinique, « d’autres examens notamment biologiques, plus performants et d’ores et déjà remboursés, existent afin de mesurer l’inflammation, comme le dosage de la protéine C-réactive (CRP) », rappelle la HAS.
À l’issue de cette évaluation, la HAS considère que « la mesure de la vitesse de sédimentation n’a pas démontré d’intérêt médical dans les indications évaluées et recommande d’arrêter sa prescription et son utilisation, quelle que soit la situation clinique ». Une fiche de bon usage résume les principaux enseignements de ce travail.
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