Corps étrangers - Épisode 1

[PODCAST] « Il fallait tout reconstruire » : le parcours de ces médecins étrangers venus exercer en France

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Publié le 23/09/2026

Ils ont quitté la Tunisie ou le Brésil pour exercer la médecine en France. Mais entre le rêve d’une nouvelle vie et la réalité du terrain, le parcours des praticiens à diplôme hors Union européenne (Padhue) est souvent semé d’obstacles. Dans Corps étrangers, une nouvelle série de podcasts en cinq épisodes, le Quotidien du Médecin est allé à la rencontre de ces médecins presque obligés de repartir de zéro pour pouvoir soigner en France.

Podcast

Dans ce premier épisode, place aux premiers pas en France. La Dr Cecille Accioly, chirurgienne vasculaire diplômée au Brésil, et la Dr Babay Rais Asma, médecin généraliste formée en Tunisie, racontent leur arrivée dans l’Hexagone, loin du parcours qu’elles avaient imaginé.

Pour Ceccile Accioly, la France est une histoire ancienne. Enfant, elle y apprend le français lors des séjours avec son père, chercheur en biologie. En 2021, elle s’y installe finalement avec son mari et leurs deux enfants. « Je voulais faire découvrir tout ça à ma famille », raconte-t-elle. Ils pensent alors rester quelques mois. Ils y resteront finalement plusieurs années.

Mais pour exercer, la chirurgienne doit commencer comme faisant fonction d’interne (FFI). Et le rêve français se heurte rapidement aux réalités matérielles. « On s’est retrouvés avec un salaire de stagiaire aux alentours de 1 600 euros net alors qu’un loyer à Paris tourne aux alentours de 1 500 euros pour une famille de quatre pour un 40-45 mètres carré, on a dû consommer beaucoup de nos provisions », témoigne-t-elle. « Avec mon mari, on s’est très souvent posé la question, pourquoi on reste ? »

Pour la Dr Babay Rais Asma, le parcours est tout aussi imprévisible. Arrivée de Tunisie, elle pensait trouver rapidement un poste de médecin généraliste dans un pays où « il y a beaucoup de demandes et un manque de médecins ». Mais les réponses à ses candidatures ne viennent pas. Elle met son projet professionnel entre parenthèses pour s’occuper de son fils, diagnostiqué d'un handicap, et travaille pendant un an et demi comme auxiliaire de vie sociale (AVS). 

« Je ne m’attendais pas du tout à avoir ce parcours, cette trajectoire de vie, du tout, du tout, du tout », confie-t-elle. « Il y a eu beaucoup de moments de désespoir. [...] Et après, on essaie de rebondir », confie la praticienne devenue psychiatre après avoir obtenu son diplôme français. 

À l’image de nombreux Padhue, ces deux parcours ont été faits de détours et de sacrifices. Aujourd’hui, entre 7 000 et 10 000 praticiens diplômés hors de l’Union européenne (UE) exercent en France. Dans les prochains épisodes de Corps étrangers, nous donnerons la parole à deux autres médecins, notamment le Dr Félipe Orta et le Dr Lotfi Khelfat, tout en s'inétéressant aux autres défis de leur arrivée en France, à commencer par celui de la langue.

Corps étrangers, le podcast

Une série en cinq épisodes à retrouver sur le site du Quotidien du Médecin et sur toutes les plateformes d’écoute.

Réalisation : Aude Frapin et Léa Petit Scagnola
Sous la direction d’Anne Bayle-Iniguez et Audrey Chaussalet 
Direction artistique : Polina Mangot
Avec l’aide de Coralie Horgue 

Source : lequotidiendumedecin.fr