Les effets du réchauffement climatique sur la santé s’aggravent

Publié le 28/10/2026

Près de 3 millions de décès liés à la chaleur ont été attribués au changement climatique entre 2016 et 2023. Face à cette urgence sanitaire, le Lancet Countdown appelle les États à instaurer un dispositif d'intervention d’urgence, « Urgence sanitaire mondiale », sur le modèle de la réponse de l’OMS aux pandémies.

COP 31

Près de 3 millions de décès liés à la chaleur entre 2016 et 2023 selon une étude du Lancet Countdown
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Dix ans après l’accord de Paris, « les effets néfastes du changement climatique sur la santé progressent plus vite que la réponse mondiale à ces effets » et « s’accélèrent même », alerte Marina Romanello, directrice exécutive du Lancet Countdown. La dixième édition de ce rapport, élaboré par 146 chercheurs de 30 pays, dresse un constat préoccupant. À quelques jours de la COP31, les auteurs appellent à dépasser la gestion au coup par coup des catastrophes climatiques pour mettre en place une réponse durable. Celle-ci devrait associer prévention, adaptation des systèmes de santé et réduction des émissions de gaz à effet de serre, dont les concentrations dans l’atmosphère atteignent des niveaux records. Concrètement, Marina Romanello plaide pour la mise en place d’un « dispositif d’intervention d’urgence » coordonné entre les États, sur le modèle des mécanismes mobilisés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) face aux pandémies.

La mortalité liée à la chaleur s’accélère

Le bilan humain dressé par le rapport souligne l’ampleur de l’urgence sanitaire. Près de 3 millions de décès liés à la chaleur entre 2016 et 2023, une insécurité alimentaire aggravée, des fumées d’incendies toujours plus meurtrières… Entre l'accord de Paris en 2016 et 2023, dernière année aux données complètes, 2,96 millions de décès liés à la chaleur ont été attribués aux changements climatiques, selon le rapport. Et la proportion de décès imputables au réchauffement climatique s'accélère. Sur les 540 800 décès annuels moyens liés à la chaleur durant cette période, 68,4 % (369 940 décès) ont été attribués au changement climatique, contre 55 % (219 100 décès) en 2006-2015. En 2023, année où la mortalité liée à la chaleur a atteint un record estimé à 710 000 décès, soit davantage que celles dues au paludisme ou au VIH, la part est encore plus importante (71,5 %). Pour obtenir la proportion de décès attribuables au réchauffement, les chercheurs ont compilé le nombre de décès dus à la chaleur recensés par les États. Puis ils ont soustrait ceux « qui se seraient produits en l'absence de changement climatique », estimés à partir d'un scénario fictif, a précisé le professeur Ollie Jay de l'université de Sydney.

 

 

AFP

Source : lequotidiendumedecin.fr