L’Union régionale des professionnels de santé (URPS) médecins libéraux (ML) Auvergne Rhône-Alpes (AuRa) entend placer les candidats aux municipales face à leurs responsabilités, à près d’un mois du premier tour du scrutin, le 15 mars.
Puisque l’accès aux soins figure désormais sur le podium des inquiétudes et des attentes des citoyens, et forte de son « expertise », l’URPS ML Aura invite les aspirants aux mairies à se rapprocher de la profession pour élaborer des réponses « concrètes, durables » et des projets de santé « adaptés aux réalités locales ». Les futurs édiles, qu’ils le veuillent ou non, se trouveront « en première ligne face aux attentes des habitants », rappelle l’URPL ML.
Les enjeux locaux sont lourds car la démographie médicale est en forte tension en Auvergne Rhône-Alpes. Avec une moyenne de 84 généralistes pour 100 000 habitants, soit environ 7 000 omnipraticiens au dernier trimestre 2025, la région a perdu 234 généralistes depuis dix ans. Cela « complique l’installation et le maintien des médecins dans de nombreux territoires », note l’URPS ML.
Pire encore, 15 % des habitants de la région n’ont pas de médecin traitant et même 22 % des seuls Lyonnais, soit plus d’un sur cinq ! « La couverture de la population par un médecin traitant est pourtant un levier essentiel pour garantir la qualité, la continuité et la coordination des soins », souligne l’Union qui, forte de ses praticiens élus, représente les quelque 14 000 médecins libéraux dans cette région.
Guichet unique et diagnostics territoriaux
Dans ce contexte, l’URPS ML Aura propose « la réalisation de diagnostics territoriaux de santé », véritables états des lieux permettant d’objectiver les besoins de chaque population avec des indicateurs intégrant la démographie médicale et populationnelle, la consommation de soins, le volume d’actes moyens par médecin, la part de population sans médecin traitant et les besoins de santé locaux.
Mais l’URPS se veut constructive : elle propose d’accompagner les candidats et demain les futurs maires « dans la construction de projets territoriaux de santé réalistes, partagés et opérationnels », tout en poursuivant ses actions de terrain visant à renforcer le lien avec les collectivités. Un exemple pertinent de co-construction concerne l’incubateur de santé solidaire (ISS) à Grigny (Rhône), où collectivités locales, agence régionale de santé (ARS) et caisses primaires se sont mobilisées avec l’URPS pour monter le projet, depuis devenu une maison de santé pluriprofessionnelle (MSP).
Présidente de l’URPS ML Aura, la Dr Sylvie Filley-Bernard, anesthésiste-réanimatrice (Avenir spé Le Bloc) défend auprès du Quotidien la cellule d’aide à l’installation mise en place il y a six mois. « Sur environ 200 demandes, 120 d’entre elles ont permis d’accompagner des libéraux dans la région », rapporte-t-elle. En ce sens, elle appelle à la mise en place d’un « guichet unique », piloté par les URPS, coordonnant toutes les aides existantes et qui serait « plus efficient pour apporter des réponses aux confrères », explique-t-elle. Une revendication également portée par le Syndicat des jeunes médecins généralistes et remplaçants (Reagjir).
Côté spécialistes, le contexte démographique est un peu plus favorable avec 313 médecins supplémentaires entre 2016 et 2025 dans la région, soit 6 744 praticiens. Une embellie fragile que l’URPS entend confirmer avec des mesures d’accompagnement territorial au plus près des besoins.
Fin de vie : les députés adoptent la proposition de loi sur l’aide à mourir
Aide à mourir : les députés adoptent la clause de conscience et le délit d’entrave, le vote solennel reporté
Aide à mourir : les députés votent à nouveau pour pouvoir déléguer l'acte au soignant
Dépistages organisés des cancers : les plus modestes y recourent moins souvent