« On ne peut pas dire que la loi de financement de la Sécurité sociale participe au besoin de sens et d’utilité que je vous souhaite pour cette année ! On le voit avec la grève des médecins : ce manque de méthode et ce manque de concertation ne permettent plus de se projeter collectivement dans les nécessaires adaptations de notre système de santé ». Tels ont été les mots du président de la Fédération nationale de la Mutualité française (FNMF), Éric Chenut, qui organisait un point presse ce mercredi 14 janvier 2026.
Quid du mouvement de grève des médecins libéraux, qui se prolonge depuis le lundi 5 janvier ? L’ancien vice-président de la MGEN n’a pas voulu soutenir officiellement cette fronde médicale mais il reconnaît les convergences de lutte. « Sur un certain nombre de choses qu’ils disent, cela regroupe plusieurs de nos préoccupations », a-t-il dit, précisant même que des discussions sont ouvertes « avec certains », ouvrant la porte à des « réflexions communes ». Quoi qu’il en soit, a-t-il insisté, « cette tension atteste que la manière dont nous fonctionnons aujourd’hui dans le pilotage de la santé ne fonctionne pas, d’où notre souhait d’une loi pluriannuelle. Il faut absolument changer de méthode ! »
Des tarifs médicaux éloignés de la réalité
Alors que les spécialistes sur plateaux techniques lourds réclament aux complémentaires une solvabilisation accrue des compléments d’honoraires, Éric Chenut se prononce plutôt en faveur d’un « rebasage » des tarifs opposables des médecins, sous-évalués. « Certains tarifs ne reflètent pas la réalité des coûts d’exercice. Nous le savons d’autant plus que nous gérons des structures mutualistes de premier recours ! », a déclaré Éric Chenut.
Mais pas question à ce stade de rembourser davantage les dépassements d’honoraires puisque, se défend le patron de la Mutualité, « nous participons déjà largement à leur solvabilisation, via l'Optam [option de pratique tarifaire maîtrisée] mais aussi dans le cadre du secteur 2, pour réduire les restes à charge et faciliter l'accès aux soins ».
« TVA sur la santé »
Sur le front budgétaire, Éric Chenut a de nouveau dénoncé avec force l’article 13 de la LFSS 2026 alourdissant la taxe sur les mutuelles d’un milliard d’euros, « une TVA sur la santé injuste qui ne répond en rien au besoin de financement de l’Assurance-maladie ». L’amendement socialiste adopté introduisant un « blocage des tarifs » des cotisations est, selon lui, « inopérant et orthogonal au Code de la mutualité, la liberté contractuelle, la concurrence libre et non faussée, la démocratie mutualiste et les obligations d’équilibres ». Dès lors, « toutes les voies de recours, que ce soient des questions prioritaires de constitutionnalité ou relatives au droit européen seront utilisées », prévient-il. La FNMF écrira « prochainement » au Premier ministre pour que « des solutions soient trouvées ».
Une réunion entre la Mutualité et les ministres Amélie de Montchalin (Comptes publics) et Stéphanie Rist (Santé) est prévue le 30 janvier. Au programme : les tarifs 2026 des mutuelles mais aussi la mission sur l’articulation entre l’assurance-maladie obligatoire (AMO) et complémentaire (AMC).
Parallèlement, la première phase des États généraux de la protection sociale et de la santé, à l’initiative de la Mutualité, se termine le 17 février. Avec 45 000 participants à date, dont 6 057 professionnels de santé, la FNMF se félicite de cette première phase dans les travaux menant à l’élection présidentielle 2027.
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