« Si je perds [à la législative partielle, ndlr], je proposerai ma démission [du gouvernement] », a déclaré au journal local La République du Centre la ministre de la Santé Stéphanie Rist en amont du vote prévu les 18 et 25 janvier 2026 dans la 1re circonscription du Loiret.
Ce scrutin a lieu en raison du refus du suppléant de la rhumatologue hospitalière nommée à Ségur en octobre, Stéphane Chouin, d’occuper sa place à l’Assemblée nationale ; l’édile sans étiquette préférant rester maire de Saint-Hilaire-Saint-Mesmin.
Revoilà donc la ministre Stéphanie Rist en campagne pour se faire réélire députée d’Orléans-sud, pour un siège qu’elle n’occupera pas tant qu’elle sera au gouvernement… Mais où siégerait sa nouvelle suppléante, Marie-Philippe Lubet (Horizons), la maire de Saint-Denis-en-Val.
Le PS et le RN en embuscade
La tâche de Stéphanie Rist n’est pas aisée. Quatre autres candidatures à la députation ont été entérinées : la socialiste Ghislaine Kounowski (avec le soutien de toute la gauche, hors LFI), Tiffanie Rabault (RN) – aussi candidate à la mairie d’Orléans – ainsi que Houari Belgherbi (LFI) et Nicole Maurice (Reconquête).
En juin 2024, lors du premier tour, la candidate socialiste (alors représentante de l’union de la gauche sous la bannière du Nouveau front populaire) avait recueilli 31,47 % des voix, juste derrière Stéphanie Rist à 31,60 %… Soit 69 voix d’écart, un vote extrêmement serré. Ghislaine Kounowski s’était ensuite désistée pour faire barrage à la candidate du RN au second tour, battue largement par Stéphanie Rist (67,7 % contre 32,2 %).
Mais 18 mois plus tard, la dynamique a changé… « J'ai conscience du risque et de la possibilité de perdre », admet la ministre de la Santé. « C’est un vrai risque que j’assume » dans « une élection avec, généralement très peu de participants ». Il faut donc, selon Stéphanie Rist, « inciter les concitoyens à aller s’exprimer… », a-t-elle encore confié au journal local. De fait, depuis 2024, huit élections législatives partielles ont eu lieu, pour en moyenne 70 % d'abstention.
Campagne éclair
En ce sens, l’élue macroniste de la première heure a lancé officiellement sa campagne dimanche 4 janvier… à deux semaines du premier tour de cette législative partielle. Avant les fêtes, elle confiait au Quotidien qu’elle n’aurait pas vraiment le temps de faire campagne avec la très forte actualité au sein de son ministère. Ce qu’elle a confirmé auprès de nos confrères de France Bleu, tandis qu’elle tractait dans le froid du marché dominical de Saint-Denis-en-Val : « Franchement, avec tout le travail que j'ai au ministère et avec le contexte national et international, j'aurais préféré ne pas avoir cette élection à refaire. »
D’autant plus que le mouvement de grève des médecins libéraux a commencé ce lundi 5 janvier et promet une forte mobilisation cette semaine, jusqu’à la manifestation à Paris samedi prochain. « J'ai des textes à défendre au Parlement, il y a aussi la grève des médecins qui débute. Alors, oui, c'est vrai, je ne serai pas présente autant que j'aurais aimé pour faire campagne », a-t-elle déclaré à France Bleu.
Le risque du vote sanction
Un revers électoral pourrait-il lui coûter sa place à la tête du ministère de la Santé ? A priori, la règle à l’œuvre depuis l’élection d’Emmanuel Macron à l’Élysée en 2017 est simple : en cas de défaite aux législatives, les ministres candidats doivent quitter leurs fonctions. Ce fut notamment le cas pour la – très éphémère – ministre de la Santé Brigitte Bourguignon, qui avait quitté le gouvernement en juin 2022 après avoir été battu dans la 6e circonscription du Pas-de-Calais face au RN… à 56 voix près.
Toutefois, pour des raisons politiques et au regard de l’instabilité chronique à Ségur, où de nombreux chantiers sont lancés et où le secteur réclame de la continuité, Emmanuel Macron pourrait être tenté de faire une entorse à cette règle de la démission automatique en cas de défaite.
À en croire le Dr Jean-Pierre Door, qui fut député (LR) de la 4e circonscription du Loiret de 2002 à 2022, la ministre de la Santé a l’avantage d’être « appréciée sur le territoire », en plus d’avoir une suppléante « bien connue de la population ». Mais avec l’abstention et l’impopularité record d’Emmanuel Macron, « ce sera un peu compliqué », anticipe-t-il.
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