Le zimislecel (VX 880, Vertex) est une thérapie cellulaire dérivée de cellules souches, évaluée ici en phase 1-2 chez des patients atteints de diabète de type 1 (1).
Dans le bras A, une demi-dose (0,4 × 10⁹ cellules) a été administrée en perfusion unique dans la veine porte, avec possibilité d’administrer une seconde demi-dose dans un délai de deux ans. Dans les bras B et C, les participants ont reçu une dose complète de zimislecel (0,8 × 10⁹ cellules) en une perfusion unique. Tous ont reçu un traitement immunosuppresseur, sans glucocorticoïdes.
Le critère d’évaluation principal du bras A était la tolérance. Celui des bras B et C était l’absence d’épisodes d’hypoglycémie sévère entre les J90 et J365, avec HbA1c < 7 % ou baisse d’au moins 1 point de pourcentage par rapport à l’entrée dans l’étude, entre les jours 180 et 365. Les critères d’évaluation secondaires de ces bras comprenaient la sécurité et l’indépendance à l’insuline entre les jours 180 et 365.
Le dosage du peptide C lors d’un test de tolérance à un repas mixte de 4 heures a permis d’évaluer la prise de greffe et la fonction des îlots.
Des taux d’HbA1C < 7 %
14 participants (2 dans la partie A et 12 dans les parties B et C) ont terminé un suivi d’au moins 12 mois et inclus dans les analyses. Le peptide C était indétectable à l’inclusion chez l’ensemble d’entre eux
Après la perfusion de zimislecel, tous les participants ont présenté une prise de greffe et une fonction insulaire, attestée par la détection du peptide C. La neutropénie a été l’effet indésirable grave le plus fréquent, survenant chez 3 participants. Deux décès sont survenus : l’un dû à une méningite cryptococcique et l’autre à une démence sévère avec agitation liée, à l’aggravation d’un trouble neurocognitif préexistant.
Les 12 participants des parties B et C n’ont présenté aucun épisode d’hypoglycémie sévère et leur taux d’hémoglobine glyquée était inférieur à 7 %. Ces participants ont passé plus de 70 % de leur temps dans la cible (TIR [70 à 180] mg/dL). Dix des douze participants (83 %) étaient indépendants de l’insuline et ne recevaient pas d’insuline exogène au 365e jour.
L’espoir d’une source inépuisable de cellules
Il s’agit indéniablement un pas important vers la concrétisation d’une thérapie cellulaire qui pourrait, un jour, réduire, voire éliminer le besoin d’insuline injectée chez certains patients avec DT1.
Cependant, cette approche thérapeutique, n’est pas encore établie par des études plus larges, plus longues, et idéalement avec des stratégies minimisant l’immunosuppression sont nécessaires. Pour l’instant, cette thérapie pourrait être particulièrement intéressante chez les patients ayant hypoglycémies sévères récurrentes et un vrai besoin d’améliorer leur contrôle ou qualité de vie.
Dans le futur, il faudra surveiller les avancées sur des versions « immune-évasives » des cellules (par exemple, des îlots génétiquement modifiés pour échapper au système immunitaire), afin de pouvoir rendre cette thérapie vraiment praticable à grande échelle. Mais le grand obstacle que constitue le peu de disponibilité d’îlots de Langerhans, malgré des résultats que nous avons rapportés d’un groupe français fondé sur les pancréas issus de donneurs humains, pourrait être levé, avec cette source de cellule ß inépuisable, puisque ne nécessitant plus de donneur.
(1) Reichman TW, et al VX-880-101 FORWARD Study Group. Stem Cell-Derived, Fully Differentiated Islets for Type 1 Diabetes. N Engl J Med. 2025 Sep 4;393(9):858-868
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