- Que penser des insulines hebdomadaires pour les diabétiques de type 1 ? (1, 2, 3, 4)
Plusieurs essais et une méta-analyse sur les nouvelles insulines hebdomadaires dans le diabète de type 1 (DT1) sont parues. Elles représentent une prouesse technique et une avancée prometteuse pour simplifier le traitement du DT1 (comme de type 2), mais leur utilisation doit être soigneusement évaluée en raison du risque accru d’hypoglycémie (la méta-analyse diffère, alertant à ce propos d’un surrisque d’hypoglycémies sévères, alors que les conclusions des essais quant à ce surrisque sont rassurantes ?).
Les deux insulines hebdomadaires, Icodec et Efsitora, et ont été comparées à Glargine et au Degludec. Si le caractère pratique — réduction du nombre d’injections — est un avantage certain, l’efficacité glycémique (HbA1c et TIR en MCG) est comparable, avec une réduction des doses d’insuline bolus, mais sans effet sur le poids.
Une sélection rigoureuse et une éducation stricte des patients et des protocoles de titration adaptés pourraient améliorer leur sécurité et leur efficacité en pratique clinique. La période de titration initiale semble assez délicate.
Au total, bien que les insulines hebdomadaires puissent être une option pour certains patients, les systèmes de boucle fermée restent recommandés comme traitement de première ligne pour les personnes atteintes de diabète de type 1, en raison de leurs avantages en termes de contrôle glycémique et de satisfaction des patients.
- Les peptides natriurétiques aideraient au dépistage de l’insuffisance cardiaque chez les diabétiques de type 1 et 2 (5)
Parmi 116 466 adultes éligibles (n = 2 990 atteints de diabète de type 1 ; n = 113 476 atteints de diabète de type 2) suivis pendant une durée maximale de 7 ans (âge médian : 64 ans), environ 39,6 % des personnes atteintes de DT1 et 42,3 % de DT2 présentaient un taux de BNP ≥ 50 pg/mL ou de NT-proBNP ≥ 125 pg/mL. L’élévation des taux de peptides natriurétiques (PN) chez les personnes diabétiques est un facteur pronostique majeur du risque futur d’insuffisance cardiaque (IC) et de mortalité. Ces résultats plaident en faveur du dépistage des PN pour l’évaluation du risque d’insuffisance cardiaque chez les personnes diabétiques.
Cependant, malgré l’intérêt de cette étude remarquable, la preuve directe de l’insuffisance cardiaque n’est pas apportée. Ce qui est démontré ici, est une corrélation statistique entre les niveaux élevés de peptides natriurétiques (BNP et NT-proBNP), et un risque accru d’IC ou de mortalité, basée sur des modèles de régression de Cox multivariés. Les auteurs soulignent qu’ils ne peuvent pas déterminer les raisons exactes pour lesquelles les tests de NP ont été prescrits dans la cohorte étudiée. Ils reconnaissent eux-mêmes les limites de cette étude : leurs conclusions reposent sur des associations statistiques, et non sur des preuves directes de l’insuffisance cardiaque ; ces tests ont été réalisés selon les décisions cliniques des médecins, et non selon des protocoles standardisés.
Cela pourrait introduire un biais de sélection dans les résultats ; la base de données peut aussi avoir contenu d’autres biais et l’ancienneté du diabète n’est pas connue. Des études prospectives et des essais cliniques seraient nécessaires
- Comparé aux autres inhibiteurs calciques, le vérapamil réduit le risque de DT2 (6)
Cette étude australienne porte sur plus de 90 000 sujets non diabétiques recevant inhibiteur calcique, sur un suivi de 1,6 an. Le vérapamil réduit de 23 % le risque de diabète DT2 (8,8 vs 11,4/1 000 personnes-années), par rapport à d’autres molécules de cette classe, principalement des dihydropyridines.
Les auteurs expliquent que cette réduction d’incidence du DT2 observée avec le vérapamil pourrait être liée à ses effets bénéfiques sur la fonction des cellules béta du pancréas. Ces effets sont principalement attribués à la régulation négative de l’expression de la protéine d’interaction avec la thioredoxine (TXNIP), qui joue un rôle clé dans la santé des cellules béta. Le vérapamil a également montré des améliorations dans le contrôle glycémique et la préservation de la sécrétion de peptide C, stimulée dans des études sur le diabète de type 1, ce qui suggère que ses bénéfices pourraient s’étendre au diabète de type 2.
Ces résultats suggèrent que le vérapamil pourrait être considéré comme une option thérapeutique préférentielle pour les patients nécessitant un inhibiteur calcique et présentant un risque élevé de développer un DT2 et pourrait influencer les choix de l'antihypertenseur, surtout en cas des facteurs de risque de DT2, comme l’obésité. Cependant, les auteurs soulignent la nécessité d’essais cliniques randomisés pour confirmer ces résultats avant de modifier les recommandations cliniques.
- Relation entre le statut glycémique et risque de paralysie des nerfs crâniens (7)
Une étude populationnelle nationale en Corée du Sud (2009-2018) sur 6,3 ans en moyenne a identifié 5 835 cas de paralysie des nerfs crâniens (III, IV ou VI), avec un groupe témoin de 4 062 007 cas. Le ratio de risques ajustés était de HR = 1,098 [1,030-1,171] dans le groupe présentant une hyperglycémie à jeun (IFG) ; de HR = 1,779 [1,587-1,994] dans le groupe présentant un diabète nouvellement diagnostiqué, de HR = 1,921 [1,731-2,131] dans le groupe présentant un diabète de moins de 5 ans et de HR = 2,571 [2,343-2,820] dans le groupe présentant un diabète de 5 ans ou plus. Il existe de plus une augmentation de l’incidence de ces complications proportionnelle à la durée du diabète (p < 0,001).
Cette vaste étude montre que ce risque de complication brutale est significativement accru chez les patients présentant une hyperglycémie (à jeun et un diabète), par rapport à ceux dont la glycémie est normale.
Cette complication aiguë chez les diabétiques, surtout de type 2, étaient assez souvent rencontrée dans le suivi des patients à une époque où les traitements et la qualité de la prise en charge, la diversité des médicaments et l’adhésion au traitement étaient bien en deçà de ce qu’ils sont aujourd’hui. Elle est habituellement réversible rapidement et nécessite d’être bien différenciée d’autres causes. Aux jeunes diabétologues de la connaître.
- Le tirzépatide très efficace sur une forme rare d’obésité le syndrome d’Alström (8)
Ce syndrome monogénique associe une dystrophie rétinienne, un nystagmus, une photophobie, une perte auditive, une obésité avec hyperphagie, une résistance à l’insuline, un diabète et une cardiomyopathie dilatée. Deux cas sont rapportés. Le premier est très éclairant quant à la perte de poids : de 140 kg au départ, 115 kg après dulaglutide, resté en plateau sous semaglutide, le poids est passé à 82 kg sous tirzépatide après 15 mois à la plus forte dose. Dans les deux cas, une forte réduction des besoins en insuline, une baisse de l’HbA1c et une réduction de la stéatose hépatique ont été constatées. Syndrome est certes rare, mais ces données représentent un grand espoir pour les parents et les soignants !
(1) Di Gioia L, et al. Efficacy and safety of once-weekly basal insulin therapy in people with type 1 diabetes: A systematic review and meta-analysis. Diabetes Obes Metab. 2025 Oct 6
(2) Philis-Tsimikas A et al. Once-weekly insulin efsitora alfa versus once-daily insulin degludec in adults with type 2 diabetes currently treated with basal insulin (QWINT-3): a phase 3, randomised, non-inferiority trial. Lancet. 2025 Jun 28;405(10497):2279-2289. Erratum in: Lancet. 2025 Oct 18;406(10513):1730. doi:10.1016/S0140-6736(25)02078-1.
(3) Love, KM ∙ Brown, SA. The promise of once-weekly insulins for type 1 diabetes: update on progress. Lancet. 2024; 404:1081-1083
(4) Bergenstal, RM ∙ Weinstock, RS ∙ Mathieu, C ∙ et al. Once-weekly insulin efsitora alfa versus once-daily insulin degludec in adults with type 1 diabetes (QWINT-5): a phase 3 randomised non-inferiority trial Lancet. 2024; 404:1132-1142
(5) Pop-Busui R, et al A. Screening Natriuretic Peptide Levels Predicts Heart Failure and Death in Individuals With Type 1 and Type 2 Diabetes Without Known Heart Failure. Diabetes Care. 2025 Dec 1;48(12):2145-2153
(6) Sacre JW, Wentworth JM, Magliano DJ, Shaw JE. Incidence of Type 2 Diabetes With VérapamilCompared With Other Calcium Channel Blockers. Diabetes Care. 2025 Dec 1;48(12):2111-2118
(7) Lee C, Han KD, Yoo J, Park KA, Oh SY. The relationship between glycaemic status and the risk of third, fourth and sixth cranial nerve palsy: a nationwidepopulation-based study (2009-2018). Eye (Lond). 2025 Nov 7
(8) Ferch M, Pet al. Effectiveness of the Dual GIP/GLP1-Agonist Tirzepatide in 2 Cases of Alström Syndrome, a Rare Obesity Syndrome. J Clin Endocrinol Metab. 2025 Nov 18;110(12):3364-3369
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