On sait peu sur l’effet du sémaglutide, métabolique et sur les débits d’insuline, chez les adultes vivant avec un diabète de type 1 (DT1). Une analyse post-hoc (1) d’un essai évaluant le sémaglutide (jusqu’à 1 mg) vs placebo s’est intéressée à cette question sur les 11 premières semaines d’administration, avec un suivi réalisé à distance à J7, 21, 32, 56, 63 et 77 (± 4 jours) ; 26 sujets ont été inclus, tous bénéficiaient d’une mesure en continu du glucose (MCG) et 81 % d’une administration automatisée d’insuline (AAI) – une pompe.
Résultats, les doses quotidiennes, totales et en bolus, ainsi que l’apport en glucides, ont diminué significativement dès le 7e jour et se sont maintenues à ce niveau, tandis que le débit basal a diminué significativement dès le 32e jour. Au 77e jour, on a observé une augmentation médiane des ratios glucides/insuline de 4,1 [-1,8 ; 7,7] % et des facteurs de correction de 11,2 [0,0 ; 20,8] %, ainsi qu’une réduction des débits basaux préprogrammés de 7,9 [-12,7 ; -4,2] %. Le temps médian passé en hypoglycémie a rarement dépassé 4 % durant ces suivis.
Un cercle vertueux insuline/glucides
Face à la progression, partout dans le monde, du surpoids et de l’obésité chez les sujets avec DT1 (elle concerne de 48 à 62 % ceux de plus de 18 ans), le recours à un traitement adjuvant est de plus en plus envisagé, bien qu’il soit pour l’instant hors AMM aux États-Unis (mais très utilisé) et interdit en Europe par l’EMA.
Le sémaglutide, et d’autres analogues du GLP-1 sont en cours d’évaluation quant à leurs effets sur le contrôle glycémique, sa variabilité, et le poids des personnes vivant avec un DT1, qu’elles soient en multi-injections ou sous pompe, avec MCG ou en boucle semi-fermée.
Notons qu’ici, les sujets étaient en surpoids, avec un IMC moyen de 32,0 kg/m² avant l’utilisation du sémaglutide. Ils ont perdu du poids (non précisé), ce qui a contribué à une réduction des besoins en insuline, notamment des bolus, et vice-versa ; la consommation de glucides a diminué, soit par les effets directs du sémaglutide, soit aussi par la réduction des besoins en insuline.
Le TIR (temps dans la plage cible) est resté relativement stable tout au long de l’étude, et le TBR (temps en dessous de 3,9 mmol/L) était rarement supérieur à 4 %, indiquant un faible risque d’hypoglycémie. Les participants n’ont pas fait plus d’hypoglycémies, et aucun épisode d’hypoglycémie sévère n’a été rapporté. L’HbA1c moyenne avant l’utilisation de sémaglutide était de 7,2 %, mais l’amélioration spécifique de l’HbA1c n’est pas détaillée dans le document.
Notons que si l’on attend que le sémaglutide permette aux personnes avec DT1 sous pompe et/ou capteurs/boucle fermée d’espérer une perte de poids, celle-ci n’a pas été rapportée ici.
(1) Pasqua MR, Tsoukas MA, Haidar A. Changes to insulin requirements over time with sémaglutide in adults with type 1 diabetes on insulin pump therapy: A post- hoc analysis of a double-blinded, randomised, crossover trial. Diabetes Obes Metab. 2025 Oct 27
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