Quel est le niveau de connaissance des généralistes en dermatologie ?
Dr Pascal Joly Leur niveau est très hétérogène. Sans doute plus que pour d’autres spécialités. Des généralistes ne veulent absolument pas toucher à la dermatologie, et disent à leur malade : « Je n’y connais rien, allez voir un dermato. » À l'inverse, certains font eux-mêmes leurs biopsies, voire leurs exérèses.
Comment améliorer leur formation ?
Dr P. J. Nos consultations sont embouteillées par des patients avec des grains de beauté n’ayant rien de suspect. Il faut donc former les généralistes au dépistage, afin qu’ils nous envoient préférentiellement les patients ayant des grains de beauté à risque de mélanome. L’enseignement varie fortement entre les facultés. En général, une après-midi est consacrée à la dermatologie. En trois ans d'internat, c'est peu. Une après-midi par an serait un enseignement à peu près correct. Cela passe aussi par une FMC, pas toujours facile à réaliser car les généralistes sont très sollicités et ont de nombreux autres centres d’intérêt.
Comment les généralistes peuvent-ils contribuer à désengorger les salles d’attente
des dermatologues ?
Dr P. J. Les généralistes peuvent assurer le suivi des dermatoses courantes et chroniques : eczéma, dermatite atopique, psoriasis… ou le suivi des biothérapies. Il en va de même pour le suivi des patients atteints de cancer cutané, qui doit être fait en collaboration avec le dermatologue. La surveillance d’un patient après l’exérèse d’un mélanome est du domaine du généraliste, tout autant que du dermatologue.
Des médecins échangent des photos de pathologies cutanées via les réseaux sociaux ou par smartphone. Qu’en pensez-vous ?
Dr P. J. C’est une pratique très répandue. Nous passons notre temps à recevoir des clichés sans la moindre garantie de sécurité sur les smartphones. Mais cet échange est d’autant plus pertinent qu'il s’agit de dermatoses dont le diagnostic est facile à dresser pour un dermatologue. Cela prend très peu de temps. Il faut donc sécuriser le circuit d’envoi des photos. Cela commence à se faire par les messageries sécurisées. n
« Les généralistes peuvent assurer le suivi des dermatoses courantes et chroniques »
Publié le 26/10/2018
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Pascal Joly
Crédit photo : DR
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Source : Le Généraliste: 2849
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