Les belles plaidoiries permettent-elles toujours de gagner le procès ? Le dernier Conseil stratégique des industries de santé s’est révélé un grand cru selon l’avis général. Pour autant, les stratégies déclinées tout au long de ce conseil pour renforcer l’attractivité de la maison France seront-elles en cohérence avec le prochain PFLSS ? Le verdict, en délibéré, sera prononcé en septembre prochain.
En attendant, l’Hôtel Matignon avait déployé le tapis rouge pour accueillir les patrons Europe et de la R&D des big pharma. Un grand nombre d’entre eux étaient présents depuis Roche, Novartis jusqu’à Johnson & Johnson sans oublier bien sûr Sanofi. Outre les ministres concernés par le dossier Industrie pharmaceutique et Recherche, les directeurs de toutes les administrations impliquées dans le secteur de la santé depuis l’assurance maladie jusqu’à la Haute Autorité de santé avaient également été conviés à ce rendez-vous.
Belles intentions
Le ton, en dépit du brillant aréopage n’était pas à la grand-messe. « Les échanges ont été francs, directs », témoigne Philippe Lamoureux, directeur général du Leem. La saisine par François Hollande du G7 sur la question du prix du médicament était dans tous les esprits.
Au final, quatorze mesures axées autour de quatre axes stratégiques ont été retenues, depuis l’accès des patients aux innovations jusqu’au renforcement du dialogue Etat-Industrie, sans oublier la valorisation de la production et le développement de la recherche clinique et l’accès aux données de santé. Cette feuille de route est riche de belles intentions. On peut citer la mesure N°4 qui stipule que « les économies générées par les produits de santé et solutions innovantes seront prises en compte lors de leur tarification ». La recherche clinique est érigée en priorité avec l’engagement pris de respecter un délai de 60 jours en application des règlements européens pour l’instruction des dossiers. Enfin, parce cela ne coûte pas grand-chose, le principe « de préférence conventionnelle » est réaffirmé en matière de régulation économique.
Ouverture
Pourquoi à ce stade, ce catalogue de promesses marque-t-il un engagement sincère des pouvoirs publics ? « Ce n’est certes pas spectaculaire, répond Philippe Lamoureux. Mais ce programme d’action est important. Le gouvernement a compris l’importance de certains enjeux comme l’accès aux bases de données, la lisibilité, la prédictivité. Et témoigne d’une réelle ouverture. »
Le bilan ne verse pas seulement dans l’autosatisfaction. Le rapport signale la chute des parts de marché de la France dans les exportations pharmaceutiques de la zone euro. Elles s’élevaient à plus de 20 % en 2000. Elles se sont contractées à 12% en 2015. La même tendance est observée pour les dispositifs médicaux. La part française a régressé de 13 % à 8,8 %. Autre signal d’alarme, les investissements ont reculé de 4,5 % par an en moyenne entre 2010 et 2013. Quatre-vingt pour cent des investissements concernent des sites existants. Alors que les voisins européens renforcent leur attractivité, les écarts dans ce domaine se creusent avec l’Hexagone.
Faut-il alors espérer un sursaut français ?
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