[Pour son dernier numéro de l’année, Le Généraliste s’est intéressé aux défis de l’environnement auxquels sont confrontés les médecins. Du 23 au 31 décembre, nous publions les articles de ce numéro bilan.]
En pneumologie, l’exposition à long terme aux gaz et particules atmosphériques est responsable d’une augmentation de la mortalité et de la morbidité pour des pathologies chroniques comme l’asthme, la bronchite chronique, la BPCO, la fibrose pulmonaire idiopathique. Ces effets sanitaires sont observés même à des niveaux qui ne sont pourtant pas considérés comme préoccupants d’après les valeurs guides. Selon l’étude française PAARC, le risque de mortalité par cancer du poumon se majore de près de 50 % (RR de 1,48) par augmentation de 10 µg/m3 de dioxyde d’azote. Outre le dioxyde d’azote (NO2), le dioxyde de soufre (SO2), l’ozone (O3), les particules en suspension de diamètre inférieur à 10 micromètres (PM10) et 2,5 microns (PM 2,5) sont les contaminants incriminés.
Réponse inflammatoire à un stress oxydatif intense
Au-delà de la mortalité spécifique et de l’aggravation des pathologies respiratoires, la pollution au long cours est impliquée dans la survenue de l’asthme chez l’enfant tout-venant. Les preuves sont aussi relativement robustes quant à la responsabilité de la pollution dans le développement d’une BPCO chez le non-fumeur, même si les données longitudinales sont limitées. Les experts du groupe Pathologies pulmonaires professionnelles environnementales et iatrogéniques (Pappei) de la Société de pneumologie de langue française (SPLF) estiment que 15 % des nouveaux cas d’asthme chez l’enfant et de cancer bronchique chez l’adulte et 20-30 % des BPCO seraient liés à la pollution atmosphérique. Les mécanismes biologiques en cause sont dominés par le développement d’un stress oxydatif intense qui entraîne une forte réponse inflammatoire locale et systémique. Enfants et personnes âgées sont les plus vulnérables. Il existe d’ailleurs chez les enfants une relation entre l’exposition chronique à la pollution atmosphérique et un ralentissement de la croissance pulmonaire.
À l’échelon individuel, le mieux pour limiter l’intoxication quotidienne est bien sûr d’éviter de résider près d’axes routiers à fort trafic, de carrefours, d’industries polluantes, quand cela est possible. L’activité physique et sportive impliquant une hyperventilation est déconseillée lors des pics de pollution et au voisinage des voies à grande circulation. Quant au port d’équipements de protection individuelle (masques anti-pollution), rien ne prouve leur bénéfice sanitaire, affirme l’Anses (juillet 2018), faute de preuves d’efficacité en condition réelle d’utilisation et parce qu’ils ne protègent pas des substances à l’état gazeux (oxyde d’azote).
Comment le réchauffement climatique favorise l’allergie
Concernant les allergies, la pollution et les variations climatiques qu’elle engendre se répercutent sur les plantes et arbres producteurs de pollens favorisant les rhinites allergiques mais aussi l’asthme, de plusieurs façons. Nous constatons « une modification des zones géographiques de certaines plantes allergisantes », explique le Dr Isabella Annesi-Maesano, directrice de l’équipe de recherche Épidémiologie des maladies allergiques et respiratoires (EPAR, UMR-S 1136 IPLESP, Inserm/UPMC). Certaines « migrent » vers le nord comme le hêtre. Les projections de l’Inra le voient même s’implanter dans la région lilloise vers 2100.
Par ailleurs, la saison de pollinisation débute plus tôt et dure plus longtemps, laissant peu de répit aux malades. Par exemple, pour les graminées, la saison démarre en moyenne une dizaine de jours plus tôt (depuis une vingtaine d’années) et a gagné deux semaines de plus en moyenne. L’on constate aussi une production d’allergènes plus importante pour une même plante ou arbre, du fait d’un stress engendré par certains facteurs climatiques comme l’humidité ou la pollution atmosphérique. Le contenu allergénique des pollens varie considérablement, d’un facteur 1 en Finlande à un facteur 5 au Royaume-Uni en moyenne entre 2009 et 2011.
De plus, de nouveaux pollens sont désormais incriminés alors qu’ils n’étaient pas connus pour être allergisants (platane, chêne) il y a 10 à 20 ans. « Notre étude publiée en 2019 sur la période 2010-2015 établit une corrélation entre la consommation de salbutamol et la quantité de pollens dans l’air (platane, chêne et les charmes), mais aussi avec la quantité de spores d’Alternaria. » Même avec les pollens, le conseil d’éviter les zones les plus polluées tient toujours, car les particules industrielles, en recouvrant les pollens, les rendraient plus agressifs pour l’arbre respiratoire. Une théorie qui reste à étayer.
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