LE MOUTON à cinq pattes ? En tout cas, le futur patron d’ARS ne devra pas manquer d’atouts. Une annonce parue dans la presse en janvier décrit succinctement le profil recherché : un créateur de liens et négociateur, manager d’équipe, pilote et organisateur du changement. Pas nécessairement un expert de la santé, mais une personne à l’aise avec les élus et les préfets, complète une source proche du dossier.
L’annonce en question n’est pas passée inaperçue. Ils sont 800 à avoir postulé auprès du cabinet Éric Salmon & Partners. Un premier tri a été transmis au gouvernement ; environ 200 personnes seraient encore dans la course. Notamment quelques médecins. La réception des candidatures, censée s’achever fin janvier, se poursuit dans la plus grande discrétion. Le mouton à cinq pattes serait-il trop rare ? « L’examen de la loi Bachelot a pris du retard, un délai supplémentaire a donc été accordé », explique un proche du dossier.
Malgré une communication officielle verrouillée, des informations filtrent ici ou là. Les CV, apprend-on de diverses sources, proviennent de plusieurs « viviers » : le ministère de la Santé, l’Assurance maladie, les grands corps d’État, le secteur privé. Officiellement, chacun a sa chance. Un candidat éconduit - appelons le Adrien - en doute quelque peu. Gérer entre 300 et 1 400 personnes, et plusieurs centaines de millions, voire plusieurs milliards d’euros selon la région : ce manager se croyait taillé pour le job. « J’ai postulé car le challenge est passionnant, raconte Adrien . Il y a tout à faire. Ce qui me plaît, c’est bâtir, organiser, réformer. J’ai une longue expérience du management dans l’industrie pharmaceutique, et suis médecin de formation. Un atout pour parler aux médecins, et dépasser les corporatismes qui freinent les réformes ».
Prime aux technocrates ?
Deux jours après l’envoi de son CV, un mail lui parvient : candidature retoquée. Pas un mot d’explication. « Je suis très déçu, reprend Adrien. Peut-être me manque-t-il un bagage ou deux. Mais si c’est pour ne mettre que des technocrates à la tête des ARS, cela n’a pas de sens ».
Il semble, d’après des sources concordantes, que le choix du candidat en région PACA soit d’ores et déjà arbitré. En Ile-de-France, la nomination, stratégique, sera hautement politique. Trois noms circulent : un ancien ministre de la Santé de gauche, qui pourrait être le candidat de l’ouverture ; un ancien patron de CHU et d’ARH (agence régionale de l’hospitalisation) ; un ancien patron de l’AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris). Prudence, toutefois : « Les noms pressentis sont rarement ceux retenus au final », s’amuse un professeur parisien. Les grandes régions mises à part, les jeux restent ouverts. Les auditions de candidats s’enchaînent ; le ministère de la Santé a livré ses consignes, et valide certains profils plutôt que d’autres.
Le secret du casting devrait encore être précieusement gardé quelques mois. Les premières nominations seront annoncées en Conseil des ministres courant juin, pour une prise de fonction au 1er janvier 2010. À condition que la mise sur pied des ARS - qui vont regrouper sept organismes (DRASS, DDASS, CRAM, ARH, MRS, URCAM, DRSM) - se déroule selon le rythme prévu par le projet de loi Bachelot.
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