Comment la vaccination Covid bascule vers la médecine de ville

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Publié le 14/09/2021
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Crédit photo : PHANIE

Alors que la France est sur le point d'atteindre le cap symbolique des 50 millions de primo-vaccinés, objectif que le Premier ministre avait fixé initialement à la fin août, la main sur la vaccination passe lentement des centres de vaccination vers la médecine de ville.

Mais de semaine en semaine, le ministre de la Santé constate un essoufflement dans le rythme des injections : 1,8 million la semaine dernière contre 2,5 la semaine précédente. Dans le même temps, les primo-vaccinations sont passées de 700 000 à 500 000. 

Parallèlement, la campagne de rappel commence à se déployer, en particulier depuis lundi dans les Ehpad approvisionnés en fin de semaine dernière. « Nous nous attendons à une poursuite du ralentissement à la fois des premières et des deuxièmes injections, a confié mardi, un représentant de la task force vaccination du ministère. C'est pourquoi, nous espérons une prise de relais de la campagne au travers des rappels ».

300 000 professionnels de santé restent à convaincre 

La France caracole en tête des pays au plus fort taux de vaccination dans l'Union européenne, dépassant également les États-Unis et Israël. Le nombre de schémas vaccinaux terminés en début de semaine est désormais de 46,8 millions. Le taux de couverture de la population cible atteint 85 % soit 8,5 millions de patients qui restent à convaincre – dont 300 000 professionnels de santé.

Le ministère n'a guère d'inquiétude sur les livraisons de doses qui se poursuivent et qui devraient permettre de vacciner entièrement la population cible et d'effectuer les rappels chez les patients concernés. La France avait reçu 82,2 millions de doses de Pfizer dont 89 % déjà utilisées, 16,4 millions de Moderna dont 59 % utilisés (le Moderna connait des livraisons importantes actuellement) et 1,8 million de doses de Janssen dont 56 % utilisées (uniquement en ville). 

Pfizer bientôt à grande échelle en ville

En ville, la semaine dernière, les pharmaciens ont injecté 186 000 doses de Moderna et les médecins 100 000. S'agissant du Pfizer, les médecins pouvaient en récupérer depuis le 21 juin auprès des centres de vaccination. Mais ils devraient l'utiliser à plus grande échelle bientôt puisque, lundi prochain, les pharmaciens pourront les commander sur le portail dédié et les médecins auprès de leur pharmacie de référence.

Les doses seront livrées par les grossistes-répartiteurs pour le 1er octobre, date du lancement officiel de la vaccination Pfizer de masse en ville. « La France sera le premier pays au monde à proposer tous les vaccins à ARN en ville, cela a constitué un vrai défi logistique », se félicite-t-on au ministère de la Santé. L'utilisation du Pfizer en cabinet de ville demandera néanmoins une organisation, c'est pourquoi MG France demandait récemment à pouvoir disposer d'unidose.

Selon le ministère, le laboratoire américain travaille à faire évoluer ses conditionnements et devrait proposer prochainement des boîtes de 20 à 25 flacons au lieu des 195 actuels. Surtout, il met au point un conditionnement « ready-to-use » d'un vaccin qui n'aura pas besoin d'être reconstitué. Celui-ci devrait être disponible d'ici à la fin de l'année. Moderna pourrait suivre la même voie l'année prochaine.

Le maillage des centres va se réduire

Ainsi, avec le Janssen dont ils disposent depuis le 24 avril mais qui a été relativement peu utilisé en raison de l'étroitesse relative de la cible (les plus de 55 ans qui n'avaient pas encore été vaccinés au printemps), les généralistes voient leur champ plus ouvert. 

Est-ce que cela signifie la fermeture prochaine de tous les centres de vaccination ? Non, répond le ministère au regard des modélisations des injections, notamment les rappels.  « Même si la médecine de ville prend le relais, elle ne pourra pas tout prendre en charge tout de suite », souligne le ministère de la Santé.

Le besoin d'armer les 1 043 centres en fonction va donc perdurer cet automne même si le maillage territorial va se réduire. Dans les Ehpad, les rappels vont s'effectuer sur place avec les doses reçues. En centre, 300 000 rappels ont déjà été effectués et 214 000 rendez-vous sont déjà pris.

Dans tous les cas, le rappel doit être effectué avec un vaccin ARN messager, Moderna ou Pfizer, quel que soit celui utilisé auparavant chez le patient, y compris pour un rappel quatre semaines après l'injection du Janssen. À partir du 26 octobre, le rappel pourra être couplé avec la vaccination antigrippale (en centre, la question n'est pas encore tranchée). Enfin, le ministère confirme que le rappel est sans incidence sur le pass sanitaire dont la condition reste d'avoir rempli complètement un premier schéma vaccinal.


Source : lequotidiendumedecin.fr