À une semaine de l’ouverture de son 39ème congrès, qui se tiendra du 4 au 6 juin à Bordeaux, la Mutualité Française change de braquet. Son président Jean-Pierre Davant annonce aujourd’hui le déploiement France entière de Priorité Santé Mutualiste (PSM), « ex » parcours de santé mutualiste, présenté comme une gamme de services pour les adhérents des mutuelles en matière d’information, de prévention, de dépistage, d’aide à l’orientation dans le système de santé et d’accompagnement (nutrition, sevrage tabagique…). Ce programme qui se concentre dans un premier temps sur les pathologies cancéreuses, les maladies cardio-vasculaires et les addictions a déjà été rodé dans deux régions (Bretagne et Languedoc-Roussillon) depuis avril 2008. Un des objectifs affichés est de faciliter, via un numéro national unique dédié, l’accès des usagers mutualistes à des soins et services (hôpitaux, cliniques…) sur des critères de qualité référencés(par la HAS notamment) . Un patient « mieux informé, mieux orienté, mieux accompagné », résume la FNMF qui a multiplié ces derniers mois les partenariats avec la Ligue nationale contre le cancer, l’Institut national du cancer (INCA), l’Office français de prévention du tabagisme, la Fédération française de cardiologie (FFC), la Croix-Rouge…
Des ambitions au grand jour.
Mais Priorité Santé Mutualiste constitue aussi - surtout - une étape clé de la nouvelle stratégie de la FNMF, définie en 2006 lors du congrès de Lyon, qui consiste à positionner progressivement les mutuelles au cur du système de santé sur la prise en charge globale des pathologies lourdes, chroniques et coûteuses. Un moyen aussi de se différencier et développer certaines activités dans l’univers très concurrentiel des complémentaires santé. La Mutualité, qui a souvent dénoncé l’actuel parcours de soins qualifié de « maquis tarifaire », ne cache plus en tout cas ses ambitions : accélérer la réorganisation du système de santé, diffuser une culture de qualité en santé, accéder aux données, généraliser les nouveaux modes de rémunération forfaitaires des professionnels pour la prise en charge des pathologies chroniques… Bref la FNMF, forte de ses 18 millions d’adhérents (pour 38 millions de personnes couvertes), prétend devenir un mouvement de santé qui fait bouger les lignes à l’opposé du payeur « aveugle » d’hier. Le congrès de Bordeaux va accélérer cette stratégie de conquête. Après avoir mis son réseau de mutuelles en ordre de bataille, la FNMF s’apprête à lancer une campagne médiatique (télé et radio) en direction du grand public sur les enjeux de son parcours de santé mutualiste.
Et le médecin traitant ?
Quel accueil réserveront les médecins libéraux à ce programme dont on voit mal comment il pourrait décoller sans un partenariat solide avec la profession à l’échelon régional ? Le pré-rapport au congrès de Bordeaux ne sous-estime pas les difficultés. « Les unions régionales de la Mutualité française ont à répondre à des incompréhensions, parfois vives, des représentants des médecins libéraux », peut-on lire. Un euphémisme ? En Bretagne, région pilote, le bilan du rodage de PSM est mitigé. Pour le
Dr Rémy Bataillon, directeur de l’Union régionale des médecins libéraux (URML), « la réaction (des médecins) a été vive dès le départ car la première campagne de communication de la Mutualité laissait entendre que le médecin traitant n’était pas dans la boucle et on n’a pas été vraiment rassuré ». Aujourd’hui, les contacts entre l’URML de Bretagne et la Mutualité sur ce sujet sont au point mort. « L’URML a jugé que les conditions d’un vrai partenariat - pilotage du dispositif, accès aux données… - n’étaient pas réunies, argumente Rémy Bataillon. Le rôle de l’URML n’est pas d’assurer le service après-vente d’un projet national de la Mutualité ! ». Il faudra que la Mutualité démontre aux praticiens libéraux les avantages qu’ils peuvent retirer de ce parcours mutualiste dans l’exercice quotidien de leur profession.
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