Infections à pneumocoques chez l’adulte

Le challenge de la vaccination

Publié le 27/09/2011
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EN DÉPIT des améliorations apportées dans la prise en charge des patients, la mortalité des infections invasives à pneumocoques reste stable aux alentours de 12 %. « L’âge, les comorbidités (cancers, maladies cardiaques…) et la nature de l’agent pathogène sont les principaux facteurs influençant le devenir des patients touchés par ces infections », a souligné le Pr Tobias Welte (Hanovre, Allemagne). Le risque de décès par infections invasives à pneumocoques augmente avec l’âge atteignant plus de 40 % en cas de méningites et de septicémies. Chez les patients hospitalisés pour une pneumonie communautaire, la mortalité atteint approximativement 1 % des patients âgés de 18 à 39 ans, mais elle augmente ensuite de façon très nette avec l’âge : pour les patients âgés de 50-59 ans, elle est égale à 7 % et dépasse les 25 % chez les patients âgés de plus de 90 ans. La mortalité est également rattachée au sérotype de l’agent pathogène, particulièrement dans les infections invasives à pneumocoques le taux de mortalité dépasse 50 % chez les adultes en cas de Streptococcus pneumoniae de sérotype 19A et 3. « De nombreuses stratégies ont été mises en place pour diminuer la sévérité de ces infections, notamment l’utilisation de nouveaux antibiotiques. La meilleure stratégie pour l’avenir consiste en des mesures préventives comme la vaccination », a déclaré le Pr Tobias Welte.

Deux priorités : précocité du diagnostic et vaccination.

De nombreux virus (influenza, adénovirus…) et bactéries (Streptococcus pneumoniae, Mycoplasma pneumoniae…) sont associés aux pneumopathies communautaires. Un diagnostic microbiologique rapide et précis est essentiel pour mettre en route un traitement approprié. « Cependant, le diagnostic peut être problématique et parfois, même avec des investigations rigoureuses, le microorganisme causal ne peut être identifié que dans 25 % des cas », a expliqué le Dr Mary Stack (Health Protection Agency Center for Infections, Londres). Les tests de laboratoire traditionnels (sanguins et sur les expectorations) sont d’une valeur limitée. La recherche d’antigènes solubles du pneumocoque peut aussi être mis en évidence dans les urines (détection de polyoside C). Les tests PCR en temps réel sur le sérum ou les expectorations devraient permettre des améliorations. La détermination des différents sérotypes (il en existe 90) est importante. Enfin, le Pr Behazine Combadière (INSERM, Paris) a évoqué le problème de l’immuno-sénescence qui les cellules T (immunité cellulaire diminuée), mais aussi les cellules B (réponses humorales moins soutenues dans le temps), d’où l’intérêt de vaccins conjugués permettant de produire une réponse plus intense et plus durable thymo-dépendante.

Symposium organisé par Pfizer dans le cadre du 21e European Congress of Clinical Microbiology and Infectious Diseases ( ECCMID) avec la participation du Pr M. Akova (Ankara, Turquie), du Dr N. Petrosillo (Rome, Italie), du Pr T. Welte (Hanovre, Allemagne), du Dr M. Slack (Oxford, Angleterre) et du Pr B. Combadière (Paris, France).

 CHRISTINE FALLET

Source : Le Quotidien du Médecin: 9012