À moins d'un mois du premier tour des élections législatives, l'Association des maires ruraux de France (AMRF) remonte au front face à l'urgence territoriale. Dans une résolution adoptée en assemblée générale, les édiles formulent 100 mesures d'urgence territoriale dont plusieurs concernent la santé et l’accès aux soins.
Fruit d'un travail avec 35 organisations de professionnels de santé, élus et citoyens, le document enrichit les quatre propositions déjà présentées lors de la campagne présidentielle : stages hors des CHU (avec hébergements territoriaux des étudiants en santé), guichet unique à l'installation dans chaque département, développement des équipes de soins coordonnées autour du patient (Escap) et partages de compétences entre professionnels. Pour les élus ruraux, ces mesures font « consensus » et doivent être appliquées sans délai.
Mais les maires ruraux vont plus loin en matière d'organisation des soins. Face à l'« urgence sanitaire », les maires ruraux veulent rendre réellement applicable (opposable ?) « le droit d'avoir un médecin traitant », alors que des millions de Français en sont privés. Cette couverture permettrait aux patients concernés de ne pas être pénalisés sur les remboursements hors parcours de soins. Certes, la résolution ne prévoit pas de mesure explicite de coercition à l'installation mais l'accès au médecin traitant devrait être garanti d'une manière ou d'une autre. Dans la même veine, l'AMRF fixe l'objectif de « pallier la difficulté d’accès aux spécialistes » en milieu rural où les délais de rendez-vous sont parfois interminables.
Montée en compétences des non-médecins
Les édiles proposent ensuite que les maisons de santé (MSP) bénéficiant de dotations financières de l'Assurance-maladie (pour la prévention ou la coordination) puissent mettre en œuvre des projets de santé pour des « bassins de vie » entiers, couvrant largement des zones rurales, et non plus seulement réservés à leur propre patientèle. Une façon d'étendre la zone d'influence de ces structures pluridisciplinaires…
Pour soutenir les services d'urgences saturés, les maires ruraux proposent aussi d'enjoindre les spécialistes – pédiatres, ophtalmos, urgences main – à effectuer la régulation les « week-ends et jours fériés ».
La télémédecine remboursée dans un périmètre raisonnable
Les élus ruraux veulent également mettre le paquet sur les délégations de tâches et l'élargissement de compétences pour les non-médecins. Au-delà de la montée en puissance des pharmaciens et des infirmières en pratique avancée (IPA), l'AMRF suggère de « réorienter le suivi des pathologies simples vers les auxiliaires médicaux ayant suivi des formations complémentaires », ou encore de « former des infirmières puéricultrices pour l’accompagnement des nourrissons ».
Dans la feuille de route des maires ruraux enfin, la télémédecine est une pratique à développer mais de façon « encadrée ». Le remboursement doit être autorisé « dans un périmètre raisonnable » – départements ou régions limitrophes – de manière à « maintenir une répartition équilibrée des installations des médecins généralistes au niveau national ». Le recours aux consultations à distance se conçoit ainsi dans le cadre d’un projet de territoire, sauf « en cas de carence avérée de temps médical ».
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