Après l'offensive du groupe Communiste, Républicain, Citoyen et Écologiste (CRCE), c'est au tour des sénateurs du groupe Les Républicains (LR) au Sénat de critiquer ouvertement le premier budget de la Sécurité sociale de l'ère Macron. « Il n'y a aucune nouveauté dans ce texte qui est dans la continuité des années Touraine », attaque le Dr Alain Milon, président de la commission des Affaires sociales du Sénat.
Ce budget est « sans ambition » pour le sénateur du Vaucluse. L'ONDAM fixé à 2,3 % ? Ce taux autorise quatre milliards d'euros de dépenses maladie nouvelles alors qu'il en faudrait le double pour financer les avancées des conventions récentes (médecins, pharmaciens...), la mise sur le marché des médicaments innovants ou encore le vieillissement de la population. « Les efforts d'économies supplémentaires vont principalement peser sur l'hôpital dont le personnel est au bord du gouffre », juge-t-il.
Pour les sénateurs LR surtout, le gouvernement ne s'attaque pas aux réformes structurelles. « Nos choix auraient été de donner davantage d'autonomie aux hôpitaux trop fragilisés par un hypercentralisme de gestion », souligne par exemple Alain Milon.
Division
Le groupe LR est divisé sur un point épineux : la liberté d'installation des médecins libéraux. Un amendement musclé a ainsi été déposé par 50 sénateurs pour imposer le conventionnement sélectif des praticiens dans les zones surdotées. Ce mécanisme, écarté par le gouvernement, a déjà fait d'objet d'âpres débats à l'Assemblée nationale. Selon le Dr Catherine Deroche, rapporteure (LR) du volet maladie du projet de loi, la commission des affaires sociales du Sénat n'est pas favorable à cet amendement de coercition. Reste que « tout peut arriver » lors du vote public, dit-elle, d'autant plus que des sénateurs centristes, socialistes et communistes défendront des amendements similaires.
En attendant, le Sénat poursuit l'examen du budget de la Sécurité sociale. Hier, il a supprimé à main levée, contre l'avis du gouvernement, la hausse de la CSG pour les retraités.
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