CE SERAIT PRESQUE un pied de nez infligé au fameux projet national de Dossier Médical Personnel (DMP) ! Le 20 octobre dernier, Roselyne Bachelot, présentait un nouveau calendrier de déploiement de ce DMP, promettant sa mise en route « dès la fin de l’année 2010 ». Si, cette échéance était enfin respectée, le DMP aura finalement eu plus de trois ans de retard sur le calendrier, sa généralisation ayant initialement été fixée à juillet 2007 par l’ancien ministre de la santé, Philippe Douste-Blazy. Surtout, l’histoire rocambolesque du DMP français, désormais doublée de cette récompense européenne attribuée au Dossier Patient Partagé et Réparti (DPPR) rhônalpin, donne une fois de plus raison à ceux qui ont toujours soutenu les projets régionaux, nés sur le terrain, plutôt qu’un projet national, engendré dans une tour d’ivoire.
« Les seuls projets de dossiers médicaux informatisés qui marchent sont développés sur des zones géographiques de 5 à 10 millions d’habitants maximums, donc d’une zone circonscrite telle qu’une région », avait constaté Thierry Philip, vice-président de la Région Rhône-Alpes, lors du colloque « L’e-santé au service des patients » qui s’était tenu à la Région Rhône-Alpes en novembre 2008.
La compétition qui a primé le DPPR pour « la qualité de sa réalisation globale et son pragmatisme », s’est déroulée les 29 et 30 octobre, sous l’égide de l’Association européenne des systèmes d’information en santé, The European Association of Healthcare IT Managers (HITM). Elle rassemblait des projets nationaux et régionaux, issus de toute l’Europe. Si le DPPR en a été le grand vainqueur, c’est qu’il est également le fruit d’un travail de longue haleine. Engagée en 2000, la construction de ce dossier partagé a bénéficié, dès 2005, d’une convention de développement cosignée par l’union régionale des médecins libéraux (URML) de Rhône-Alpes, le Conseil Régional, l’union régionale des caisses d’assurance-maladie (URCAM) et l’agence régionale de l’hospitalisation (ARH).
En outre, il s’agit d’un outil professionnel, comme l’avait d’ailleurs préconisé Michel Gagneux dans son rapport daté de novembre 2007 sur le DMP, qui offre à chaque professionnel de santé la possibilité d’accéder à l’ensemble des informations, enregistrées pour un patient, à l’échelle de la région. Les données ne sont pas stockées à un endroit unique, mais restent dans les systèmes d’information de chaque établissement et sur la base de données créée pour les libéraux ; en effet, les promoteurs de ce dossier ont choisi de respecter les systèmes informatiques propres aux établissements en les rendant interopérables. Notons que ce DPPR devrait être compatible avec le futur DMP, lorsque celui-ci sera opérationnel…
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