IDENTIFICATION des postes exposés, prévention des situations de pénibilité, accompagnement : Marisol Touraine propose un plan d’action en trois temps. Ce chantier de la pénibilité s’étalera sur une année. Aucun financement n’est pour l’heure évoqué, mais la question, immanquablement, se posera. De quoi rendre prudents les intersyndicats de praticiens hospitaliers (PH), qui savent que l’air du temps est à l’économie.
LE SNPHAR-E, membre d’Avenir hospitalier et pilote sur le dossier, ne boude pas son plaisir toutefois. Nouvellement élu à la tête de l’organisation, le Dr Yves Rébufat résume : « Nous demandons depuis des années que soit reconnue la pénibilité du travail de nuit et des rythmes alternés. Un anesthésiste, de l’internat jusqu’à la retraite, prend 4 à 5 gardes par mois en moyenne. Ne pas dormir génère des erreurs et des maladies professionnelles comme le cancer du sein ou les troubles du rythme cardiaque ».
Le SNPHAR-E se bat pour l’ensemble des spécialités soumises aux gardes et astreintes - soit un gros tiers des PH (anesthésistes, urgentistes, chirurgiens, réanimateurs...). Le syndicat demande l’allégement de la permanence des soins à partir de 55 ans, et l’exonération au-delà de 60 ans, sans justification médicale, pour ceux qui le souhaitent. Les PH travaillent en moyenne jusqu’à 67 ans : une telle mesure pèserait fortement sur l’organisation des hôpitaux. « Il faut recruter par endroits, et fermer des plateaux techniques, car il y en a trop », rebondit le Dr Rébufat.
Déminage
Les intersyndicats de PH ne sont pas tous sur la même ligne. Certains abordent le débat avec en tête un concept de pénibilité élargi, au-delà du cadre fixé par le code du travail. « Les critères ne peuvent se résumer au travail de nuit, expose le Dr Rachel Bocher, présidente de l’INPH (Intersyndicat national des praticiens hospitaliers). Travailler dans une équipe en sous-effectif, ou avec un budget très contraint : cela aussi est pénible. Il faut une vraie négociation concernant l’ensemble des praticiens, pharmaciens et odontologistes compris ».
« Un radiologue est exposé aux rayons, un psychiatre, à la violence, observe de son côté le Dr Norbert Skurnik, président de la Coordination médicale hospitalière (CMH). Qui qualifie la pénibilité de sujet « très réducteur ». « L’urgence de la démographie n’est pas prise en compte, or 10 à 20 000 PH vont partir à la retraite dans les cinq ans ».
Les organisations syndicales ne bouderont pas cette discussion. Mais ce qu’elles attendent surtout, c’est une réponse globale à la problématique du manque d’attractivité de l’hôpital.
Mesurant le mécontentement croissant des PH, et le risque politique à quelques semaines des municipales, Marisol Touraine a en tout cas décidé d’ouvrir cette concertation avec les médecins hospitaliers, exclus du compte pénibilité (réservé aux salariés du secteur privé dans la réforme des retraites). Il s’agit en quelque sorte d’une longue séance de rattrapage pour éviter que le dossier de la pénibilité du travail à l’hôpital s’envenime.
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