La recherche dermatologique est extrêmement prolifique. L’accélération de sa production scientifique est en partie liée à l’avènement de la biologie computationnelle et des sciences « omiques » : génomique, épigénomique, transcriptomique et protéomique, qui génèrent des quantités très importantes de résultats et de nouvelles hypothèses de recherche (data-driven hypothesis).
Ces techniques permettent notamment d’identifier de nouveaux marqueurs diagnostiques et pronostiques et des cibles thérapeutiques.
Le paysage génomique du mélanome est ainsi de mieux en mieux défini. La majorité des altérations génétiques identifiées (99 % des mélanomes cutanés et 43,9 % des mélanomes non cutanés) sont théoriquement accessibles à une thérapie ciblée déjà existante ou en cours de développement (1).
Réseau neuronal convolutif
Un des articles scientifiques les plus commentés de l’année 2017 concerne la reconnaissance d’images dermatologiques par intelligence artificielle (2). Des dermatologues et des chercheurs de l’université Stanford ont développé un réseau neuronal convolutif qui différencie des images de tumeurs cutanées malignes et bénignes, cliniques ou dermoscopiques aussi bien que des dermatologues. Il paraît très probable que cette technologie modifie notre approche du diagnostic précoce des cancers cutanés dans les années à venir.
De très nombreux travaux donnent un nouvel éclairage sur les interactions entre la peau et l’environnement (microbiome inclus) et leurs conséquences pathologiques. Les particules d’hydrocarbures aromatiques polycycliques présentes dans la pollution atmosphérique induisent chez la souris un eczéma qui est en partie secondaire à une altération de la barrière cutanée provoquée par un prurit neuropathique (3).
On sait maintenant que la lumière visible (rayonnement bleu-violet) induit chez les phototypes foncés une pigmentation marquée et persistante par l’intermédiaire d’une protéine (l’opsine 3) impliquée dans la vision rétinienne et présente dans les mélanocytes (4).
Maladies rares
Il est réconfortant de constater que les maladies dermatologiques peu fréquentes font également l’objet d’intenses recherches. À titre d’exemple, une étude internationale a démontré que l’IL-15 est un marqueur sérique du syndrome de Stevens-Johnson (nécrolyse épidermique toxique), et suggère l’intérêt thérapeutique de son ciblage (5).
Dans le domaine de l’immunologie cutanée, une étude a rapporté qu’une sous-population de lymphocytes T régulateurs (Treg) promeut la transition télogène-anagène du cycle pilaire en interagissant avec des cellules souches du follicule pileux (6), confirmant l’intérêt potentiel d’une stimulation des Treg dans le traitement de la pelade.
Institut des biomolécules Max-Mousseron, CNRS UMR 5247, université de Montpellier, service de dermatologie du CHU de Nîmes
(1) Hayward NK et al. Nature. 2017 May 11;545(7653):175-80
(2) Esteva A et al. Nature. 2017 Feb 2;542(7639):115-8
(3) Hidaka T et al. Nat Immunol. 2017 Jan;18(1):64-73
(4) Regazzetti C et al. 2018 Jan;138(1):171-8
(5) Su SC et al. J Invest Dermatol. 2017 May;137(5):1065-73
(6) Ali N et al. Cell. 2017 Jun 1;169(6):1119-1129
(7) Plikus MV et al. Science. 2017 Feb 17;355(6326):748-52
(8) Castela M et al. Nat Commun. 2017 May 18;8:15463
Santé mentale des jeunes : du mieux pour le repérage mais de nouveaux facteurs de risque
Autisme : la musique serait neuroprotectrice chez les prématurés
Apnée du sommeil de l’enfant : faut-il réélargir les indications de l’adénotonsillectomie ?
Endométriose : le ministère de la Santé annonce une extension de l’Endotest et un projet pilote pour la prévention