Respirer est un acte intuitif. « Quoi de plus naturel que de respirer ? Mais, lorsque l’on y pense, cela devient, en général, une souffrance », souligne le Pr Bruno Housset, pneumologue à Créteil et président de la Fondation du souffle. Aujourd’hui encore, la souffrance respiratoire n’est pas toujours bien identifiée, ni prise en charge de façon adéquate par les professionnels de santé. « Par ailleurs, une grande partie des maladies respiratoires est liée à l’environnement. C’est pourquoi la plupart de nos actions ciblent tout particulièrement la lutte contre le tabagisme et la détérioration de la qualité de l’air », précise le Pr Housset.
Parmi ses missions, la Fondation du souffle, créée en 2012 sous l’égide du Comité national contre les maladies respiratoires (CNMR), compte notamment la prévention, l’éducation et l’information du grand public quant aux maladies respiratoires. La fondation participe à l’animation d’opérations de communication telles que les journées nationales de la BPCO, de l’asthme, du souffle, ou le mois sans tabac. « Toutes ces actions sont menées, au niveau national, par notre fondation, mais elles sont animées sur le terrain par nos comités régionaux et départementaux », affirme le Pr Housset. Des aides sociales sont également accordées aux malades.
Soutenir les jeunes chercheurs et les cliniciens
La Fondation du souffle est très investie dans le financement de projets de recherche en santé respiratoire. « Pour cela, en amont de la Fondation du souffle, le Pr Philippe Godard avait lancé une réflexion qui a conduit en 2010 à la création d’un fonds de dotation pour la recherche, le Fonds de recherche en santé respiratoire (FRSR), nous permettant de récolter de l’argent pour financer des projets de recherche ainsi que des bourses pour les étudiants (M2) et les thésards », indique le Pr Housset (lire page 16). L’objectif, pour les années à venir, est de rapprocher le FRSR de la Fondation du souffle afin que les deux structures soient rassemblées au sein d’une même entité. Actuellement, tous les financements passent par le FRSR, qui est chargé de gérer les projets de recherche (appels d’offres, sélection, suivi) que la Fondation reçoit.
« Chaque année, le budget alloué aux différents projets de recherche augmente, dépassant le million d’euros depuis deux ans. Mais cela reste insuffisant compte tenu de toutes les demandes fondées qui ne peuvent être financées. Ces dernières années, des appels d’offres thématiques ont porté sur les maladies respiratoires sévères, sur l’environnement et, au moment de la COP 21, sur la pollution. En 2017, pour la première fois, un appel d’offres pour la prise en charge et le suivi de cohortes a été proposé », note le Pr Housset.
Les appels d’offres dits blancs s’organisent à un rythme bisannuel : celui du printemps (en mars) s’adresse aux jeunes chercheurs (étudiants en master 2 ou thésards, notamment), et celui d’automne (en octobre) vient davantage en soutien de la recherche clinique.
Pour ses missions d’appui à la recherche, la Fondation du souffle souhaite également soutenir les centres de recherche français afin de développer des pôles d’excellence scientifique et des pôles de compétitivité, notamment sur la prévention des maladies respiratoires. « Nos financements proviennent de dons du grand public ou du mécénat (des industries de santé, notamment) », conclut le Pr Housset.
exergue : Nous ciblons la lutte contre le tabagisme et la détérioration de la qualité de l’air
Entretien avec le Pr Bruno Housset, pneumologue au centre hospitalier intercommunal de Créteil et président de la Fondation du souffle
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