Comment les généralistes voient la prévention

Publié le 06/10/2011
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1/ Au cours de vos consultations, êtes-vous particulièrement attentif aux signes avant-coureurs des maladies cardio-vasculaires ?

- Oui : 98 %

- Non : 2 %

Pr Claude Le Feuvre - La quasi-totalité des médecins généralistes sont attentifs aux signes avant-coureurs des maladies cardio-vasculaires. C’est l’un des enseignements positifs de cette enquête.

2/ Comment sensibilisez-vous vos patients aux risques de maladies cardio-vasculaires ?

- Vous en discutez avec eux : 72 %

- Vous leur prescrivez des examens biologiques : 27 %

- Vous leur donnez des brochures : 1 %

3/ Selon vous, quels sont les facteurs de risque à prendre en considération prioritairement (plusieurs réponses possibles) ?

- Le tabac : 57 %

- Le diabète : 39 %

- L’hypertension artérielle : 34 %

- Le cholestérol : 21 %

- Le surpoids/l’obésité : 18 %

- Les mauvaises habitudes alimentaires : 14 %

- Le manque d’activité physique : 11 %

- Le stress : 3 %

Pr Le Feuvre - Il est surprenant de voir arriver assez loin derrière le cholestérol, qui demeure un facteur de risque très important. Le manque d’activité physique se situe également très en retrait. Or, une activité physique régulière diminue de moitié le risque de faire un accident cardiaque.

4/ Selon vous, quelle est la cause principale de mortalité chez les femmes ?

- Les maladies cardio-vasculaires : 54 %

- Le cancer du sein : 35 %

- Le cancer du poumon : 9 %

- Ne se prononcent pas : 2 %

Pr Le Feuvre - Il y a une sous-estimation de la gravité de l’atteinte cardio-vasculaire chez la femme ; 35% des généralistes pensent que le cancer du sein constitue la première cause de mortalité chez les femmes alors qu’il tue dix fois moins que les maladies cardio-vasculaires.

5/ Notez-vous une évolution de la prévalence des maladies cardio-vasculaires parmi vos patients ?

- Oui, une augmentation : 55 %

- Oui, une baisse : 6 %

- Non, pas d’évolution : 37 %

Pr Le Feuvre - La hausse de la prévalence constatée chez les généralistes illustre une crainte pour les années à venir de voir augmenter la prévalence des MCV. Si l’on n’agit pas au niveau des règles hygiéno-diététiques, cela laisse augurer en France l’amorce d’un regain de la mortalité cardio-vasculaire, à l’instar des États-Unis.

6/ Parmi les catégories de patients suivants, quelles sont celles pour lesquelles vous avez noté une forte augmentation de la prévalence (plusieurs réponses possibles) ?

- Les femmes : 52 %

- Les patients jeunes : 40 %

- Les patients âgés : 27 %

- Les hommes : 23 %

- Les CSP + : 18 %

- Les CSP - : 18 %

7/ Selon vous, quelles seraient les solutions pour éviter une recrudescence des maladies cardio-vasculaires (plusieurs réponses possibles) ?

- Un temps de consultation plus long entre le médecin généraliste et ses patients : 54 %

- Davantage d’outils d’information : 38 %

- Une meilleure formation des médecins généralistes : 14 %

8/ Seriez-vous favorable à la mise en place d’un plan Cœur ?

- Oui : 72 %

- Non : 27 %

- Ne se prononcent pas : 1 %

9/ Dans le cadre d’un plan Cœur, à quoi convient-il de donner la priorité ?

- La prévention : 80 %

- L’urgence face à l’accident cardio-vasculaire : 7 %

- Le suivi des patients : 6 %

- Les femmes et les maladies cardio-vasculaires : 3 %

- La recherche : 3 %

- Ne se prononcent pas : 1 %

Pr Le Feuvre -Au regard de ce que l’on a déjà constaté chez les enfants, on est aujourd’hui très loin des mesures de prévention préconisées pour la population générale : 0 cigarette, 5 fruits et légumes par jour et 60 minutes d’exercice physique quotidien.

* Enquête Ifop/FFC réalisée par téléphone du 19 au 23 septembre 2011 auprès de 401 médecins généralistes.


Source : Le Quotidien du Médecin: 9019