« J’AI ATTRAPÉ un coup de froid », dit-on en France, alors qu’au Mali, c’est « le rhume m’a pris ». Et au Burkina Faso, quand on a la varicelle, on s’exclame « J’ai une poubelle sur moi » (traduction littérale). Outre-Manche, la folie se décrit comme « Je suis de l’autre côté du virage ». Un Malien atteint de diarrhée dira « Mon ventre me frappe » et son voisin algérien « Mon ventre est comme le bec verseur du pichet ». L’exposition du MEB s’ouvre sur l’expression souvent très imagée de sa maladie par l’individu avant que le spécialiste ne porte un diagnostic. Elle reflète les recherches des ethnologues de l’université Bordeaux-Segalen qui travaillent en France et en Afrique. Non pour comparer, mais pour synthétiser.
La deuxième case du parcours de soin passe par la maison. L’armoire à pharmacie (dont divers contenus sont mis en vitrine), la panoplie des médicaments traditionnels et aussi aujourd’hui, pour ceux qui en disposent, la recherche sur Internet.
Le maintien de sa santé passe ensuite par le marché extérieur. La multiplicité des offres de produits de bien-être dans les pays du Nord et la pharmacopée traditionnelle qui s’étale dans les marchés des pays du Sud et côtoie les médicaments d’importation vendus dans la rue.
Quatrième étape, le recours aux soins lorsque la maladie s’aggrave. L’exposition en distingue trois types qui relèvent de la médecine, de la religion et du « guérissage ». Histoire de rappeler que les individus jouent avec les offres disponibles et que leur parcours de soin personnel s’inscrit au sein d’un réseau social qui va participer à leur thérapie.
Deux exemples de maladies chroniques, les troubles psychiques et le diabète au Mali sont illustrés par des témoignages de malades. Dans ces deux cas, le traitement est souvent vécu soit comme un enfermement chimique (prise en charge des troubles psychiques), soit comme coercitif avec des messages de prévention omniprésents (diabète au Mali).
La dernière salle veut faire prendre conscience au citoyen que la santé fait partie des enjeux de politiques locales, nationales et internationales. Et qu’il en est aussi un acteur, devenant un « biocitoyen » mobilisé pour la garantie de l’accès aux soins ou discutant du bien-fondé des campagnes de vaccination qu’on lui impose.
*« En quête de santé » du 17 novembre au 31 mai, du lundi au jeudi de 14 à 18 heures, vendredi de 10 à 12 heures, 3 ter, place de la Victoire, bâtiment E.
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