« MOINS DE GENS meurent de la tuberculose et moins de gens tombent malades. C’est un grand progrès. Mais il ne faut pas crier victoire trop vite », résume Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unis, à propos du rapport 2011 sur la lutte contre la tuberculose dans le monde* réalisé par l’OMS. « Des millions de personnes contractent encore la tuberculose chaque année et trop succombent, ajoute-t-il. J’engage à soutenir vigoureusement et durablement la prévention de la tuberculose et les soins aux malades, surtout pour les personnes les plus démunies et les plus vulnérables. »
Les chiffres sont encourageants : le nombre de personnes quji ont contracté la maladie est passé à 8,8 millions en 2010, après un pic de 9 millions en 2005 ; le nombre de décès est passé à 1,4 million, après avoir atteint 1,8 million en 2003. Le taux de mortalité a baissé de 40 % entre 1990 et 2010 et partout, sauf en Afrique, la mortalité devrait avoir diminué de 50 % d’ici à 2015. En Chine, la baisse de la mortalité a même atteint près de 80 % (de 216 000 en 1990 à 55 000 en 2010) tandis que la prévalence était divisée par deux (de 215 à 108 pour 100 000 habitants).
Autres données positives : en 2009, 87 % des malades traités ont été guéris et, au total, on dénombre 46 millions de succès thérapeutiques et 7 millions de vies sauvées. Gros bémol : un tiers des cas ne seraient pas signalés et l’on ne sait donc pas s’ils sont diagnostiqués et correctement traités.
Il manque 1 milliard.
Reste à consolider et même amplifier ces progrès. Et c’est là que la question du financement devient cruciale. Car si la part du financement intérieur de la lutte contre la tuberculose atteint globalement 86 % pour 2012, la plupart des pays à faible revenu dépendent encore beaucoup de l’aide extérieure et, globalement, il manque encore 1 milliard de dollars pour l’année prochaine.
C’est d’autant plus préoccupant que le traitement de la tuberculose multirésistante, plus long et beaucoup plus cher, demeure l’un des domaines les moins financés. L’an dernier, 46 000 tuberculoses multirésistantes ont été traitées, soit seulement 16 % du nombre total de cas (estimation). Sur le milliard manquant pour 2012, 200 millions sont destinés à cette lutte. Elle passe en particulier par l’utilisation du nouveau test de diagnostic rapide, auxquels 26 pays ont recours actuellement, et 10 de plus à la fin de l’année. Encore faut-il, comme le souligne le Dr Mario Raviglione, directeur du département de l’OMS Halte à la tuberculose, que la possibilité de dépister davantage de personnes s’accompagne « d’un engagement à traiter tous les cas dépistés. Il serait scandaleux de laisser les cas diagnostiqués sans traitement. »
Des progrès ont également été enregistrés face à la co-infection tuberculose- VIH. En Afrique, 59 % des tuberculeux bénéficient maintenant du dépistage du VIH. Mais un engagement supplémentaire est nécessaire pour atteindre les objectifs pour 2015 : en 2010,un peu moins de la moitié des malades de la tuberculose positifs pour le VIH sont sous rétroviraux et les trois-quarts commençaient un traivement préventif de cotrimoxazole, deux traitements qui font partie des soins essentiels prévus dans ce cas.
Le rapport fait enfin état d’innovations prometteuses, permettant notamment de raccourcir les protocoles thérapeutiques.
Endométriose : le ministère de la Santé annonce une extension de l’Endotest et un projet pilote pour la prévention
Pr Ibrahim Yakoub-Agha, hématologue : « Beaucoup d’indices nous intiment de produire des CAR-T cells académiques »
Le traitement des IST virales et parasitaires évolue
La FDA approuve Blujepa, le nouvel antibiotique de GSK dans la cystite