LES DERNIERS stocks de vaccins contre la grippe A (H1N1) issus du plan pandémie de 2009 ne sont aujourd’hui plus qu’un tas de cendres. L’établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (EPRUS) a achevé fin novembre l’ultime phase de destruction par incinération des 4,988 millions de doses de vaccins arrivant à péremption au 30 novembre. « Les phases de destruction sont organisées en fonction de l’arrivée à péremption des différents lots de vaccins. Dès qu’un ou plusieurs lots approchent de la date limite, les produits sont mis en quarantaine et soumis à l’incinération. Rendez-vous est alors pris pour l’opération d’incinération avec la société spécialisée », explique Claude Avaro, pharmacien responsable à l’ÉPRUS. Au cours de l’année 2011, 9,804 millions de doses de vaccins ont ainsi été détruites. Fin 2010, 9,611 millions avaient auparavant été incinérées.
Au total, le coût de la destruction de ces vaccins s’élève à environ 70 000 euros, précise Claude Avaro. Une goutte d’eau au regard du coût d’acquisition et de gestion de ces produits (382,7 millions d’euros selon la Cour des comptes) et du coup global de la campagne de vaccination (entre 700 et 760 millions d’euros). Lors de la pandémie grippale de 2009-2010, 44,05 millions de doses de vaccins contre la grippe A (H1N1) ont été acquises par la France (18 millions livrées par GSK, 17 millions par Sanofi, 9 millions par Novartis et 50 000 par Baxter). Alors que la campagne de vaccination visait initialement à immuniser 75 % de la population, seulement 5,36 millions de Français (soit 8,5 % de la population) ont été vaccinés avec une ou deux doses. Si le volume effectif des achats de vaccins a été ramené à 44 millions (au lieu des 94,05 millions de la commande initiale), 5,9 millions de doses ont été effectivement utilisées sur le territoire français. Sur les 7,3 millions de doses sorties des stocks pour être allouées aux centres de vaccination, environ 5,2 millions ont été utilisées selon la Cour des Comptes. « Plus de deux millions de doses ont donc disparu en plus des 691 000 déjà recensées comme devenues inutilisables et mises au rebut » (flacons entamés, boites ouvertes, non-conformité, rupture de la chaîne du froid), souligne un rapport de la commission des affaires sociales du Sénat publié en février dernier. « La proportion des gaspillages paraît donc très largement supérieure au pourcentage de perte (10 %) considéré comme normal avec un conditionnement en flacons multidoses », ajoutent les parlementaires.
Plus de 12 millions de doses ont par ailleurs été offertes en 2010 à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), réparties ensuite dans une trentaine de pays. 314 000 doses ont été revendues au Qatar et à Monaco. 1,5 million de doses ont été allouées aux établissements de santé, près de 460 000 dans les DOM, 858 000 au ministère des Affaires étrangères, collectivités, pays d’outre-Mer, 83 500 aux autres ministères et environ 2 millions réparties entre diverses structures (EPHAD, équipes mobiles, centres pénitentiaires…). Un peu plus de 18 millions de doses ne sont jamais sorties de la réserve stratégique de l’EPRUS.
15 millions de doses en trop.
Ce stock de vaccins a de loin été le plus conséquent géré dans l’histoire de l’établissement. « Il s’agit de quantités importantes, difficilement recyclables en consommation courante et qui sont malheureusement périssables », indique Claude Avaro. « Dans certains cas, on a plusieurs filières qui nous permettent de prolonger après contrôle en laboratoire des validités de produits mais ce n’est pas le cas des vaccins », poursuit-il. Dans son rapport, la Cour des comptes fait remarquer que « l’annulation de 50 millions de doses (par le gouvernement) laissait subsister un excédent important au regard du besoin réel ». La Cour estime à 65 millions de doses « le niveau de réduction des commandes qui aurait été souhaitable et qui aurait laissé subsister une marge de sécurité encore très appréciable ». D’autant que le passage au schéma de vaccination à une seule dose, entériné le 20 novembre 2009 par l’Agence européenne du médicament (EMA), « mais qui était depuis plus d’un mois hautement probable », avait « définitivement établi le caractère très largement excédentaire des commandes ».
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