DE NOTRE CORRESPONDANTE
PASCAL, la quarantaine, est hospitalisé depuis trois mois à la suite d’un accident cérébral massif. Après sa séance quotidienne de kinésithérapie, il a rendez-vous ce matin avec un musicien pour sa prescription musicale. Un « traitement » proposé aux patients de l’hôpital Pierre-Swynghedauw, dans le cadre du dispositif « Culture à l’hôpital » financé par la DRAC (direction régionale des Affaires culturelles).
L’idée émane de l’Aéronef, scène lilloise de musiques actuelles. Son secrétaire général, Alex Melis a proposé au CHRU de Lille de faire entrer la musique à l’hôpital, en organisant des concerts au sein des lieux de soins, et des « consultations » musicales pour les patients intéressés.
Le principe est simple : un musicien de l’Aéronef se rend au chevet du patient avec un questionnaire détaillé sur ses goûts musicaux et ce qu’il attend de la musique. Durant une heure, il lui fait découvrir différents styles de musique, des voix nouvelles et des instrumentations variées. Guidé par ses réactions, le musicien va concocter la « prescription musicale » du malade : une play-list de à 20 titres de CD enregistrés sur un MP3 et confiés pour une ou deux semaines au patient. À son départ, le malade reçoit un CD gravé avec son « ordonnance ».
Démarche culturelle.
« La démarche est culturelle et non pas thérapeutique, précise Nicolas Montagne, intervenant de l’Aéronef et par ailleurs clown hospitalier. Notre idée est de faire découvrir aux patients de nouveaux genres musicaux. Certains sont heureux, par exemple, de se familiariser avec les musiques qu’écoutent leurs enfants ou leurs petits-enfants, pour se rapprocher d’eux. » La prescription musicale est aussi un moyen de s’échapper de l’hôpital. Une bulle d’air dans des séjours souvent longs . « Les patients sont heureux de voir arriver une personne sans blouse blanche. Ils me confient des choses qu’ils ne diraient pas là leur médecin. ».
Pascal, guitariste amateur avant d’avoir cet accident qui l’a laissé hémiplégique, est passionné de musique. « Je ne peux pas vivre sans. J’en écoute toute la nuit pour m’évader un peu. » Rita Mitsuko, Téléphone, Mathieu Bogaert, Camille... Les musiques emplissent la chambre, suscitant chaque fois un commentaire, ou des impressions sur tel ou tel groupe. Pascal est plutôt rock français et pop anglaise que rap et hip-hop. « Je n’aime pas la violence dans les chansons. »
Éclipsées la maladie et les longues séances de rééducation. La parenthèse est précieuse, une petite bulle de vie dans un parcours médical interminable…
Le chef de service frappe à la porte, pour son tour quotidien. Il repassera un peu plus tard. Pascal est occupé. Prescription musicale.
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