L’ACCIDENT vasculaire cérébral (AVC) représente, en France, la troisième cause de mortalité pour les hommes et la première pour les femmes. Si les séquelles fonctionnelles des AVC sont fréquentes, le « fardeau du handicap » qu’ils entraînent dans la population générale reste mal connu. À partir des enquêtes Handicap-santé (Handicap santé ménage -HSM- et Handicap santé institution -HSI)*, les auteurs de l’étude du BEH ont estimé à 1,2 % la proportion de personnes ayant déclaré des antécédents d’AVC dans la population française. Des séquelles ont été rapportées dans près de deux tiers des cas, soit une prévalence à 0,8 % (plus de 500 000 personnes).
Selon les déclarations des patients, les séquelles les plus fréquentes étaient les troubles de l’équilibre, présents dans la moitié des cas, et les troubles de la mémoire (42,1 %). Un peu plus du tiers des patients avec séquelles ont rapporté une atteinte motrice d’un ou plusieurs membres, et 1 sur 3 des troubles du langage ou de l’articulation. Près d’un quart a signalé des troubles visuels et 1 sur 5 des troubles sensitifs. Une incontinence urinaire était citée par 16,5 % et des troubles de la déglutition par 13,3 %.
Perception accrue chez les plus jeunes.
Étonnamment, les séquelles motrices, visuelles et sensitives ont été plus souvent déclarées par les plus jeunes (moins de 60 ans). Selon les auteurs, ce phénomène pourrait être dû à une perception accrue du handicap, alors que les plus âgés considèrent plus volontiers certaines difficultés comme des conséquences naturelles du vieillissement. Concernant les limitations fonctionnelles motrices, la moitié des patients ont indiqué des difficultés importantes ou une impossibilité à marcher 500 mètres. Le retentissement sur les activités élémentaires de la vie quotidienne était également fréquent, avec déclaration de difficultés pour près de la moitié également (toilette, habillage, alimentation).
Au moment de l’enquête, 11,1 % des personnes avec séquelles d’AVC résidaient en institution (56 000) et 86,6 % d’entre elles ont déclaré avoir des difficultés pour au moins une activité élémentaire de la vie quotidienne. « Il s’agit d’une première étude de cadrage qui devra être complétée d’approfondissements. Les séquelles cognitives et la dépression, difficiles à appréhender dans cette enquête généraliste qui ne comporte pas d’échelle spécifique aux AVC n’ont été qu’à peine abordées. De même, la participation sociale n’a pas été étudiée, alors que l’impact sur l’emploi, notamment, est particulièrement important », notent les auteurs.
* 29 931 personnes ont répondu à l’enquête HSM (en 2008) et 9 104 pour HSI (en 2009)
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