Préjudice d’anxiété : 58 anciens salariés d’Alstom feront face à leur ex-employeur aux prud’hommes

Publié le 17/02/2015
Article réservé aux abonnés
1424108816587279_IMG_147897_HR.jpg

1424108816587279_IMG_147897_HR.jpg
Crédit photo : S. Toubon

Les 58 ex-salariés de l’usine d’Alstom-Areva transformateur de Saint-Ouen (TSO), une entreprise qui fabriquait des transformateurs électriques, attaquent ce mardi leur ex-employeur pour préjudice d’anxiété aux prud’hommes. Les salariés assurent avoir été « délibérément exposés aux poussières d’amiante » sur leur lieu de travail, au cours de leur carrière. Ils réclament 15 000 euros chacun pour « la réparation du préjudice d’anxiété » et « les bouleversements des conditions d’existence qui résultent des manquements passés d’Alstom à son obligation de sécurité ».

Six salariés décédés et vingt malades

Selon l’association des anciens salariés d’Alstom TSO, à l’origine de cette procédure, six salariés sont décédés ces dernières années d’un cancer lié à leur exposition à l’amiante et une vingtaine d’autres aurait développé des plaques pleurales et asbestoses. « On vit avec une épée de Damoclès sur la tête », a souligné Jean-Jacques Labaigt, secrétaire de l’association des anciens salariés d’Alstom TSO. L’usine, qui a fermé ses portes en 2006, a été classée « site amianté » par arrêté au « Journal officiel » du 28 décembre 2011.

L’entreprise Alstom n’en est pas à son premier procès, en 2000, un ancien responsable d’usine, Pierre Krieger a été condamné, par le tribunal correctionnel de Bobigny, à une amende pour avoir exposé ses employés au danger de l’amiante. En novembre 2014, 104 anciens salariés de l’usine d’Alstom de Saint-Florent dans le Gard ont obtenu des prud’hommes d’Alès 13 000 euros de dédommagements dans une affaire similaire, mais Alstom a fait appel.

D’autres affaires pour préjudice d’anxiété

La semaine dernière, le préjudice d’anxiété a été reconnu par les prud’hommes de Longwy en Meurthe-et-Moselle, en faveur des anciennes « gueules noires » de Lorraine. Une autre bataille est également en cours à Forbach, en Moselle, où 850 anciens mineurs sont en procès contre le liquidateur de Charbonnages de France pour les mêmes raisons.

S. M. (avec AFP)

Source : lequotidiendumedecin.fr