L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) appelle à plus de mesure dans l’utilisation des outils de diagnostics médicaux. Les doses de radiations reçues pour raison médicale par les Français ont augmenté de 50 % en cinq ans a indiqué la division sud-ouest de l’ASN, mercredi à Toulouse lors d’une conférence de presse.
La division, qui couvre à la fois Midi-Pyrénées, l’Aquitaine et Poitou-Charentes, veille à la sûreté des centrales nucléaires. Elle a également réalisé 122 inspections du « nucléaire de proximité » en 2013 dans ces régions qui comptent notamment 6 900 appareils de radiodiagnostic médical et dentaire, 150 unités de radiologie interventionnelle et 150 scanners.
L’IRM plutôt que le scanner
« On utilise de plus en plus les radiations ionisantes pour détecter les maladies, notamment avec les scanners qui sont très irradiants, mais aussi pour que le chirurgien guide son geste à l’aide de la radiographie, ce qui évite aux patients des interventions lourdes, et est extrêmement positif », a indiqué Jean-François Valladeau, responsable du nucléaire de proximité. Tout en soulignant les atouts de ces nouveaux outils, M. Valladeau a appelé à une « optimisation » de leur usage, souhaitant notamment qu’on ait recours « chaque fois que c’est possible à l’IRM plutôt qu’au scanner ».
Un scanner du corps entier représente « une dose de radiation de 20 millisieverts, soit l’équivalent de la dose annuelle admise pour un travailleur en contact avec les radiations », a précisé Paul Bougon, chef adjoint de la division. En ce qui concerne la radiographie interventionnelle (chirurgie guidée par radiographie), l’ASN souligne que « les chirurgiens sont très fortement exposés et certains patients peuvent recevoir des doses importantes menant à des brûlures ».
La sécurité des chirurgiens négligée
M. Valladeau déplore notamment que les chirurgiens négligent leur propre sécurité. « Les praticiens en général portent les équipements de protection individuels mais pas les dosimètres mesurant les radiations et négligent la visite médicale obligatoire et la formation à la radioprotection. »
L’ASN a contrôlé 25 blocs opératoires en 2013, et selon Paul Bougon, le programme d’inspection 2014 portera particulièrement sur les blocs opératoires pour s’assurer du respect de la règlementation par les praticiens et pour vérifier que les déclarations d’incidents obligatoires sont scrupuleusement respectées.
Les inspections devraient aussi porter en priorité sur les radiographies industrielles - les gammagraphies - pratiquées sur les chantiers pour vérifier des pièces métalliques. « On utilise des sources très actives et puissantes et il conviendrait que les travailleurs exercent le plus souvent possible à l’abri de casemates », a indiqué M. Valladeau.
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