DE NOTRE ENVOYEE SPECIALE
DEJA la veille, lors de la réception du rapport Marescaux à l’Elysée, Nicolas Sarkozy n’avait pas eu un mot sur la contestation médicale qui ne désenfle pas. A Nancy mardi pour visiter le CHU et débattre de la réforme HPST, rebelote : le président a une nouvelle fois fait l’impasse sur le sujet. A croire que les blouses blanches dans la rue le 28 avril auront échappé à sa sagacité. De même que les centaines de manifestants dans les rues de Nancy mardi; mais il faut dire que les forces de l'ordre les ont tenus à l'écart. La presse locale parle d'une sécurité record (plusieurs centaines d'hommes mobilisés pour la protection du président, des tireurs d'élite, et un hélicoptère).
Signe que leur grogne n'est pas tout de même pas passée inaperçue, le chef de l'Etat a fait son possible pour rassurer les praticiens hospitaliers. Notamment en changeant les mots. Le directeur d’hôpital n’est plus le patron, mais « le responsable », et le président de la CME est érigé « numéro deux de l’hôpital ». « La sémantique, ça compte », a déclaré Nicolas Sarkozy. Manière implicite, sans doute, de reconnaître que ses déclarations passées, au ton martial, ont peut-être mis de l’huile sur le feu.
Au-delà de ces précautions de langage, quid du fond de l’affaire ? Pour les nominations médicales au directoire et à la tête des pôles, « le président de la CME propose (des noms), le directeur décide », a recadré Nicolas Sarkozy. « On a trouvé un bon équilibre ; nous n’irons pas plus loin ».
La table-ronde organisée à Nancy, en présence du président et de Roselyne Bachelot, a montré combien les revendications sont hétéroclites à l’hôpital. Philippe Vigouroux , DG du CHU de Nancy, s’est notamment ému de ce qu’il considère comme un retour en arrière : « La version (du projet de loi HPST, ndlr) votée par l’Assemblée nationale permettait aux directeurs d’être les décideurs ultimes. Mais la version proposée par la commission des affaires sociales du Sénat nous conduit à nous interroger à nouveau ». « Nous ferons respecter l’équilibre trouvé », a aussitôt assuré Nicolas Sarkozy. Commentaire de Paul Castel, président de la Conférence des DG de CHU, à l’issue de la table-ronde : « Nicolas Sarkozy a été tout à fait rassurant : à ses yeux, il ne doit y avoir qu’un responsable. Maintenant, il faut voir la discussion au Sénat ».
Le problème de la sécurité sanitaire
Parmi les six professionnels sélectionnés pour donner la réplique au président de la République, un seul médecin, le Dr Khalife Khalife, cardiologue au CHR de Metz. Il a soulevé le problème de la démographie médicale à l’hôpital. Réponse prudente de Nicolas Sarkozy : « Si le débat (sur la répartition des médecins, ndlr) ne se régule pas de lui-même, avec les Ordres, un jour les pouvoirs publics devront intervenir. (…) Soit on est raisonnable, soit à un moment ou à un autre, il faudra prendre des mesures moins contractuelles ». Quand, comment ? Mystère. Une précision tout de même : « Ca vaut aussi pour les gardes, qui ne peuvent être le seul fait de l’hôpital ».
Une sage-femme s’est inquiétée de la menace de fermeture qui pèse sur son petit hôpital, déficitaire, à Lunéville (Meurthe-et-Moselle). « Il ne faut pas seulement nous évaluer sur la quantité d’actes, mais aussi sur la qualité, et la prévention », a plaidé Sandrine Hennequin. Entre la proximité et la sécurité, le président a fait son choix. « Doit-on laisser ouvert un hôpital » au motif qu’il est « le premier employeur ?», a-t-il interrogé. Avant de trancher : « La priorité, c’est la sécurité sanitaire. Mon devoir, c’est de le dire ». Un discours qui, s’il n’a pas convaincu la totalité des personnes (plusieurs centaines) conviées à assister à la table-ronde nancéenne, a su séduire ce directeur d’hôpital privé non lucratif : « Nicolas Sarkozy rappelle les vérités pas toujours bonnes à dire, mais réelles. J’ai moi-même fermé une maternité en 1999 car la sécurité n’y était plus. Il faut ce discours courageux ».
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