LA GÉNÉRALISATION du tiers payant obligatoire va devenir (très progressivement) une réalité. D’ici à 2017, tous les patients devront pouvoir bénéficier de l’avance de frais pour la part d’assurance-maladie obligatoire et complémentaire, a promis Marisol Touraine en septembre lors de la présentation de la stratégie nationale de santé. Le tiers payant concerne déjà près d’un tiers des actes. Il est déjà octroyé aux bénéficiaires de la CMU-C et de l’aide médicale d’État ou dans certaines situations particulières. Un nouveau pas doit être franchi cette année pour étendre le tiers payant aux 2,7 à 3,5 millions de bénéficiaires de l’aide à la complémentaire santé (ACS).
Si les patients plébiscitent cette réforme, les médecins sont moins enthousiastes. Selon les résultats d’une enquête menée en ligne par la Fédération des médecins de France (FMF) qui a collecté 3 400 réponses (en grande majorité des généralistes), la perspective du tiers payant généralisé à tous les patients fait l’objet d’un rejet massif de la profession en l’état. Seuls 12,5 % des praticiens interrogés sont satisfaits de cette mesure annoncée alors que 78,7 % y sont opposés (les autres ne se prononcent pas).
Chantier titanesque.
La ministre de la Santé s’emploie depuis des semaines à rassurer la profession. « Tout fera l’objet de concertations. Je n’ignore pas l’ampleur du travail technique, a déclaré Marisol Touraine dans nos colonnes. Il faut un système naturel et facile, un système sécurisé pour les médecins et simple pour les patients » (« Le Quotidien » du 12 décembre).
La multiplicité des organismes complémentaires (400), et la difficile récupération des franchises posent problème et seront les principaux obstacles techniques au tiers payant intégral généralisé. Malgré l’ouverture du dialogue, la ministre de la Santé se montre exigeante : « Il vient un moment où on ne peut pas demander de la simplicité, et multiplier les situations particulières et les cas d’espèces », affirme-t-elle, rappelant que la France est l’un des rares pays à ne pas disposer de tiers payant.
La généralisation du tiers payant est un enjeu crucial pour l’assurance-maladie. « Les caisses travaillent aux solutions, le temps est très court », nous a confié le directeur de la CNAM. « Pour déclencher le tiers payant, il faudra que les patients aient un contrat complémentaire identifié. Cela renvoie aux appels d’offres sur les contrats ACS », a ajouté Frédéric van Roekeghem.
Santé mentale des jeunes : du mieux pour le repérage mais de nouveaux facteurs de risque
Autisme : la musique serait neuroprotectrice chez les prématurés
Apnée du sommeil de l’enfant : faut-il réélargir les indications de l’adénotonsillectomie ?
Endométriose : le ministère de la Santé annonce une extension de l’Endotest et un projet pilote pour la prévention