Santé de la femme enceinte

Un cycle de conférences multidisciplinaires

Publié le 30/11/2011
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Crédit photo : BSIP

CES DERNIÈRES années, la santé de la femme enceinte a inspiré une succession de recommandations. La plus récente, en décembre 2010, portait sur le diabète gestationnel, sujet de nombreux débats avant le consensus. D’autres thématiques sont programmées, comme la thyroïde et les infections materno-fœtales.

À l’heure de la réforme de la biologie médicale, les laboratoires spécialisés se joignent à cette démarche pluriprofessionnelle. Après Rennes, Paris, et Nancy, entre autres, plusieurs conférences sont programmées en 2012, à Clermont-Ferrand, Lille, Marseille ou Périgueux.

Diabète : prévenir les complications materno-fœtales

Avec le diabète gestationnel, qui concerne environ 6 % des futures mamans, l’heure est au dépistage ciblé et à la prévention. Un âge maternel de 35 ans ou plus, un IMC supérieur ou égal à 25 kg/m2, un antécédent de diabète familial, de diabète gestationnel ou de macrosomie justifient le dépistage. Au premier trimestre, il est recommandé de réaliser une glycémie à jeun (résultat positif entre 0,92 g/l et 1,26 g/l). Face à un résultat négatif, entre 24 et 28 semaines d’aménorrhée, on réalise une hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO). Elle existe en deux temps ou un temps, mais cette dernière est mieux tolérée. Ensuite, il faut surveiller, voire traiter le diabète avec quelques règles diététiques, de l’exercice physique et l’autosurveillance de la glycémie : éviter la charcuterie, le chocolat, les graisses, et privilégier les hydrates de carbone avec les pâtes ou les pommes de terre. En cas d’échec, les patientes reçoivent une insulinothérapie.

Selon le Pr Anne Vambergue, diabétologue, « une prise en charge précoce peut diminuer considérablement les séquelles. Exemple, un diabète de type 2 multiplie par trois le risque de malformations congénitales. » Or, 25 % seulement des diabétiques de type 2 programment leur grossesse. Autres risques du diabète : la prééclampsie, la macrosomie et la césarienne. Chez les femmes à risque, une échographie supplémentaire est réalisée à 36 semaines d’aménorrhée pour évaluer le poids fœtal. On ne provoque pas l’accouchement si le diabète gestationnel est bien équilibré. Sinon, le déclenchement reste recommandé à 38 semaines, pour les autres diabétiques. La collaboration entre tous les acteurs de santé s’impose, d’autant plus que « 18 % des femmes concernées par un diabète gestationnel présentent un diabète de type 2 six ans après le diagnostic ».

Thyroïde : dépister les populations ciblées

Les besoins en iode atteignent 200 µg par jour pendant la grossesse. On en trouve dans les poissons et fruits de mer (à consommer cuits), ainsi que dans le sel iodé. Michèle d’Herbomez, biologiste, recommande un dépistage ciblé avec un dosage de TSH, car « on a constaté un quotient Intellectuel (QI) plus faible chez les enfants dont les mères présentaient un déficit d’hormones thyroïdiennes ».

Le bilan biologique thyroïdien concerne les femmes ayant un goitre, des antécédents personnels ou familiaux, un contexte de maladies auto-immunes (type diabète de type 1), des signes cliniques symptomatiques, une notion d’infertilité, un antécédent de fausse couche, une irradiation de la tête et du cou.

Infections materno-fœtales : organiser une prise en charge optimale

Aujourd’hui, seules la rubéole et la toxoplasmose sont systématiquement dépistées. Plus de la moitié des femmes enceintes ne sont pas immunisées contre cette dernière. L’information sur les règles hygiéniques et/ou diététiques préventives est transmise, comme pour le cytomégalovirus, contre lequel 50 % des femmes ne sont pas immunisées. Mais, rappelle Christelle Vauloup-Fellous, biologiste, « en 2010, on a compté encore 10 à 15 cas de rubéole contractée pendant la grossesse. Et on enregistre environ 300 cas par an de varicelle. » L’éradication de la rubéole est prioritaire, avec une vaccination préconceptionnelle, accompagnée d’une contraception sûre pendant trois mois. Concernant la varicelle, 10 % des femmes ne sont pas immunisées et doivent bénéficier d’une prise en charge optimale, avec un contrôle sérologique dans un des 20 laboratoires français agréés pour le diagnostic biologique anténatal et un suivi dans un centre de médecine fœtale, en cas de séroconversion. Idem pour les futures mamans contractant le cytomégalovirus pendant la grossesse, soit 1 % d’entre elles. « Pour toutes les infections citées, les femmes doivent être adressées dans des centres de médecine fœtale pour les échographies ciblées et une prise en charge globale », conclut la biologiste.

*Pour en savoir plus : contacter Maud Rambures, tél. 04.78.17.61.91, maud.rambures@kobe.fr .

CHRISTINE COINTE

Source : Le Quotidien du Médecin: 9050