La Direction interministérielle de la transformation publique (DITP) invite à diffuser largement l'outil d’aide au repérage des violences conjugales élaboré par la Haute Autorité de santé (HAS), disponible sous la forme d'une fiche. À l'occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes ce 25 novembre, l'équipe sciences comportementales de la DITP vient de publier un rapport réalisé pour le compte de la Haute Autorité de santé (HAS) et qui montre l'intérêt de cet outil pour aider les médecins généralistes au repérage.
Dans ses recommandations de 2019, la HAS appelait tous les professionnels de santé à « questionner systématiquement toutes les femmes sur d’éventuelles violences subies lors de l’anamnèse, même en l’absence de signe d'alerte ». En pratique, des freins persistent.
Deux solutions de la HAS visant à aider les médecins au repérage des femmes victimes de violences conjugales ont été évaluées par la DITP. La première est donc cette fiche simplifiée, qui synthétise en une page des conseils pratiques aux médecins généralistes et des astuces pour dépister leurs patientes sans les heurter. La deuxième solution est un questionnaire de prévention à destination des patientes, qui peut servir d'appui au cours de l'échange ou qui peut être placé en salle d'attente.
Ces deux outils ont été envoyés aux médecins généralistes par e-mail, avec une relance leur rappelant de les utiliser. L'impact de ces solutions et leur mise en œuvre ont été évalués. Au total, 1 153 médecins se sont inscrits pour participer à cette expérimentation et ont été séparés en deux groupes : dans le groupe intervention, les médecins ont reçu les solutions proposées et ceux du groupe contrôle n'en ont reçu aucune.
Normaliser le sujet pour systématiser le dépistage
Premier constat : 69 % des médecins ont ouvert les e-mails, mais seuls quatre sur dix ont téléchargé les solutions. Par ailleurs, les médecins qui ont reçu les solutions ont dépisté deux femmes de plus par semaine (soit une augmentation de 76 % du nombre de dépistages réalisés). Cependant, lit-on dans le rapport, « les femmes dépistées ne représentent qu’une minorité des patientes (7,9 % des femmes chez les médecins ayant reçu les solutions, contre 4,5 % dans le groupe contrôle) ».
Malgré les solutions apportées, la DITP constate que les violences représentent un sujet complexe à aborder en consultation et que les médecins préfèrent repérer de manière ciblée plutôt que systématique. « Des efforts de normalisation du sujet auprès des médecins généralistes et des patientes restent donc nécessaires pour prétendre à une systématisation du dépistage », lit-on.
Entre les deux solutions proposées, la fiche simplifiée de recommandations est celle qui a apporté le plus de satisfaction aux médecins, notamment grâce aux conseils et aux accompagnements à proposer. En revanche, le questionnaire de prévention a été peu utilisé et n'a pas convaincu tous ses utilisateurs.
L'enquête a par ailleurs montré que parmi les médecins du groupe contrôle, n'ayant reçu aucune des deux solutions, un sur six (17 %) utilise des outils pour s'aider dans le repérage, et ils sont 84 % à en être satisfaits.
À noter que la fiche simplifiée de la HAS, disponible depuis 2019, vient de faire l'objet d'une réactualisation récente en marge de la journée du 25 novembre. Quelques modifications de forme y ont été apportées pour rendre l'outil encore plus clair.
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