Psoriasis : le premier médicament ciblant exclusivement IL23 est désormais disponible et remboursé

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Publié le 22/02/2019
Psoriasis

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Crédit photo : PHANIE

Un nouveau médicament vient enrichir l'arsenal thérapeutique du psoriasis, maladie inflammatoire chronique de la peau. Il s'agit de l'anticorps monoclonal guselkumab, commercialisé sous forme de traitement injectable par voie sous-cutanée et sous le nom Tremfya (laboratoires Janssen). Son remboursement à hauteur de 65 % a été annoncé au « Journal officiel » du 31 janvier 2019 (l'autorisation de mise sur le marché [AMM] a été obtenue en novembre 2017).

« Aucun traitement ne permet de guérir du psoriasis, mais nous disposons aujourd'hui de nombreux traitements permettant une rémission prolongée et satisfaisante », indique le Pr Marie-Aleth Richard, dermatologue au CHU de Marseille. Toutefois, « nous observons une perte d'efficacité avec le temps avec la plupart des traitements, d'où l'intérêt de multiplier les options thérapeutiques pour un même patient au cours du temps », ajoute le Pr Carle Paul, dermatologue au CHU de Toulouse.

Tremfya est un traitement systémique de seconde intention destiné aux adultes ayant un psoriasis en plaques chronique sévère, défini par un échec à au moins deux traitements parmi les traitements systémiques non biologiques et la photothérapie et une forme étendue et/ou avec un retentissement psychosocial important, selon l'AMM.

« Avec ce nouvel outil thérapeutique, nous pouvons espérer un excellent contrôle de la maladie, durable dans le temps, et une persistance de l’effet thérapeutique à l’arrêt du traitement », poursuit le Pr Richard.

47,4 % des patients ne présentent plus de lésions à 2 ans

Le guselkumab est la première molécule à cibler uniquement IL23, une interleukine impliquée dans le processus inflammatoire conduisant à la formation des plaques de psoriasis.

Les plaques de psoriasis résultent d'un renouvellement excessif des kératinocytes dû à une activation anormale d'un sous-type de lymphocytes sous l'action de diverses cytokines, dont IL23 qui agit au début de la cascade de réactions. Ainsi, le guselkumab, en se liant à la sous-unité p19 de l'IL23, permet de bloquer ce processus inflammatoire.

L'intérêt de ce nouveau médicament a été mis en évidence à travers trois études de phase III. L'étude VOYAGE 1 a montré une efficacité du guselkumab supérieure au placebo et à l'adalimumab (anti-TNFα, Humira). En effet, à 2 ans, la disparition des lésions était totale (score PASI 100) pour 47,4 % des patients sous guselkumab contre 23,4 % des patients sous adalimumab. Les résultats en termes de qualité de vie étaient également en faveur du guselkumab.

Des effets persistants après arrêt du traitement

VOYAGE 2 a mis en évidence un maintien des bénéfices du traitement dans le temps. Ainsi, 28 semaines après une dernière injection effectuée à 20 semaines de traitement, 36,8 % des patients ont encore 90 % de lésions en moins et 18 % n'en ont plus du tout. « Il peut y avoir des moments dans la vie qui nécessitent l'arrêt du traitement, comme la grossesse. Cette rechute lente après arrêt du traitement permet une flexibilité qui est assez spécifique de ce médicament », précise le Pr Paul.

L'étude NAVIGATE a montré l'intérêt pour des patients présentant une faible réponse sous ustékinumab (anti-IL23 et anti-IL12, Stelara) de passer au guselkumab.

Une autre étude de phase III, ECLIPSE, est à paraître prochainement. Elle a comparé le guselkumab au sécukinumab (anti-IL17, Cosentyx). Résultat : à 2 ans, 90 % des lésions ont disparu chez 84,5 % des patients sous guselkumab contre 70 % de ceux sous sécukinumab.

« Tremfya a ainsi démontré son intérêt, avec un profil de tolérance favorable », résume le Pr Paul. Des études sont en cours pour évaluer l'intérêt de Tremfya dans d'autres pathologies telles que le rhumatisme psoriasique ou la maladie de Crohn.

 

D'après une conférence de presse Janssen


Source : lequotidiendumedecin.fr