On avait voulu y croire, l’épidémie de Covid refluait, le nombre de cas diminuait… Puis, début mars, la décrue a commencé à marquer le pas. Et, au moment où la France levait la quasi-totalité des mesures sanitaires liées au passe vaccinal et au port du masque en intérieur, les premiers indicateurs se sont mis à remonter. La semaine dernière, plus de 145 000 nouveaux cas confirmés ont été enregistrés le mercredi 23, le taux d’incidence a dépassé les 937 cas pour 100 000 habitants tandis que le R effectif s’est établi à 1,3. Et toutes les classes d’âge sont touchées, avec des taux d’incidence supérieurs à 680, bien au-dessus du seuil longtemps utilisé pour moduler les mesures sanitaires. Pour les 30 à 49 ans, ces taux dépassaient 1 100. Était notamment pointé du doigt le sous-variant d’Omicron, BA.2, environ 30 % plus contagieux qu’Omicron, qui était lui-même plus contagieux que Delta…
Alors les mesures sanitaires ont-elles été levées trop tôt ? Les voix ont commencé à s’élever la semaine dernière. La France a, par exemple, été pointée du doigt, parmi d’autres pays européens, par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). « Ces pays ont levé les restrictions brutalement, passant de “trop” à “pas assez” », a estimé Hans Kluge, directeur de l’OMS en Europe. Se déclarant « optimiste mais vigilant ». Il a par ailleurs souligné « un très grand capital d’immunité (...), que ce soit grâce à la vaccination ou aux infections » sur le Vieux continent.
Par ailleurs, face à la recrudescence de l’épidémie, l’Institut Pasteur a souligné, début mars, l’impact des changements de comportements. Et Santé publique France en a appelé à la « responsabilité de chacun » par la voix de sa directrice générale, Geneviève Chêne : « ce n’est pas parce qu’ils ne sont plus obligatoires que ces gestes sont devenus interdits, au contraire ».
Le masque fera-t-il son retour dans le quotidien des Français ? Il continue d’ores et déjà à être porté dans les cabinets médicaux, des généralistes l’imposant à leur patientèle, et dans les allées du Congrès de la médecine générale (CMGF) en fin de semaine dernière à Paris…
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