Plus d’un milliard d’euros, la promesse d’économies pour les patients et l’Assurance maladie n’est pas négligeable. Le levier ? Augmenter l’utilisation de la téléconsultation et de la téléexpertise dans le système de santé, selon l’institut économique Molinari. Le think tank détaille les économies que pourrait générer le recours à la télémédecine en France dans un rapport publié la semaine dernière.
Avec 10 % « des consultations actuelles » qui « pourraient être effectuées efficacement en téléconsultation », l’institut estime à 293 millions d’euros par an les économies pour les patients sur leurs dépenses de transport. Deux tiers de ces téléconsultations seraient alors réalisés par des médecins généralistes. L’institut appelle aussi à renforcer le recours à la téléexpertise. Et plus particulièrement, celle organisée par le généraliste pour orienter son patient vers un spécialiste voire vers une téléconsultation avec un confrère. Des réductions des dépenses pour l’Assurance maladie (pratique de la téléconsultation et de la téléexpertise) évaluées à près de 470 millions d’euros, auxquelles s’ajouteraient près de 290 millions d’euros d’économies générées dans les services d’urgences.
Mais qu’en est-il de l’impact sur les soins ? Pour étayer son propos, l’institut se targue d’avoir pris en compte une qualité de soins « équivalente à celle fournie par la voie traditionnelle ». Dans le détail, le rapport mêle notamment les arguments de facilitation d’accès aux soins, du suivi de malades chroniques mais aussi de prévention des risques. Pourtant, sur les usages de la télémédecine, un rapport du Collège de la médecine générale (CMG) publié en juin dernier émet un certain nombre de réserves, par exemple sur la relation avec le patient et l’absence d’examen physique.
L’institut indique par ailleurs avoir retenu une hypothèse « volontairement réductrice » avec l’objectif de 10 %. Le chiffre semble néanmoins ambitieux. Alors que la téléconsultation a représenté jusqu’à 27 % des consultations de médecine générale en avril 2020, le taux oscillait autour de 4 % fin 2021.
Aurélie Dureuil, directrice de la rédaction
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