Santé publique

Une nouvelle stratégie nationale pour lutter contre l’antibiorésistance

Par
Publié le 07/02/2022
Dévoilée officiellement par le gouvernement ce lundi 7 février, la « stratégie nationale 2022-2025 de Prévention des Infections et de l’Antibiorésistance en santé humaine » entend à la fois renforcer le bon usage des antibiotiques mais aussi promouvoir la prévention des infections.

Crédit photo : BURGER/PHANIE

Dans la lignée de la Feuille de route interministérielle pour la maîtrise de l’antibiorésistance de 2016, le ministère des Solidarités et de la Santé vient de lancer la Stratégie nationale 2022-2025 de prévention des infections et de l’antibiorésistance. Dédié spécifiquement à la santé humaine, ce nouveau plan national est le premier « à lier aussi étroitement les actions de prévention et contrôle des infections à celles promouvant le bon usage des antibiotiques », souligne Olivier Véran dans un éditorial publié en préambule de la nouvelle stratégie.

Prévenir les infections en amont

De fait, si certaines mesures visent à renforcer la juste prescription, l’accent est mis aussi en amont, sur la prévention des infections courantes et nosocomiales.

Car « c’est en prévenant les infections et en réduisant la transmission des agents infectieux et gènes de résistance que nous diminuerons l’incidence des infections communautaires et associées aux soins, mais aussi le risque d’antibiorésistance », défend le ministre de la Santé. Il est en effet démontré dans la littérature que les actions de prévention et contrôle de l’infection, ciblant à la fois les infections communautaires et celles associées aux soins, et les actions promouvant le bon usage des antibiotiques (BUA) « ont des effets synergiques, interdépendants et complémentaires », souligne le ministère.

Alors que la pandémie du Covid-19 a montré que l’on peut influencer la dynamique d’une infection et que l’application des gestes barrières a permis de réduire drastiquement l’incidence des infections communautaires courantes en 2020, (avec en miroir une baisse inédite des consommations d’antibiotique en ville), la nouvelle stratégie comprend plusieurs mesures visant à promouvoir à la fois la vaccination et le renforcement des mesures d’hygiène. Avec à la clé des objectifs chiffrés comme par exemple une couverture vaccinale contre la grippe supérieure à 80 % pour les professionnels de santé en ville à l’horizon 2025.

Diminuer de 25 % les consommations de ville d’ici 2025

Sur le front du bon usage des antibiotiques, la nouvelle feuille de route entend notamment « renforcer l’utilisation d’outils existants d’aide à la prescription par les professionnels de santé pour promouvoir les bonnes pratiques » et permettre aux professionnels de « disposer de recommandations professionnelles et outils permettant de guider les pratiques ». Avec en ligne de mire, une réduction de la consommation d’antibiotiques en ville d’au moins 25 % entre 2019 et 2025.

Neuf axes complémentaires déclinés en 42 actions.

Au total, la stratégie propose 42 actions regroupées autour de neuf grands axes portant notamment sur « le renforcement du socle de connaissances et l’optimisation des pratiques du grand public et des professionnels de santé » en matière de prévention des infections et de l’antibiorésistance. « La synergie des actions et le partage d’expériences entre les acteurs professionnels sont aussi une ambition phare », souligne le ministère. La stratégie vise aussi à « renforcer l’utilisation partagée des données de santé et de surveillance, à encourager une recherche innovante et pluridisciplinaire, à valoriser et préserver les produits contribuant à la prévention des infections et à la maîtrise de l’antibiorésistance ». Une dimension de préservation de l’environnement « est aussi intégrée dans l’ensemble des actions menées, notamment en termes de pollution environnementale lors de la production et de l’utilisation des antibiotiques ». Enfin, « la stratégie vise à renforcer le rayonnement de la France à l’international lors d’événements clés tels que ceux organisés dans le cadre de la Présidence Française du Conseil de l’Union européenne, le G7 et le G20 ».


Source : lequotidiendumedecin.fr