Ostéopathie

La durée minimale de formation ramenée à 2 660 heures

Publié le 22/04/2011
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LA LOI du 4 mars 2002 l’avait fixée au minimum à 3 520 heures. Un décret paru au « Journal officiel » du 14 avril modifie la donne après une décision du Conseil constitutionnel du 3 février 2011. « La durée minimale de formation en ostéopathie reste fixée à 2 660 heures… et doit encore être fixée pour la chiropraxie », précise le texte signé par le Premier ministre et le ministre de la Santé. La formation commune des ostéopathes restera donc composée de deux phases : une première de 1 435 heures d’enseignements théoriques des sciences fondamentales et de biologie humaine et une seconde de 1 225 heures d’enseignements théoriques et pratiques de l’ostéopathie.

Ce retour en arrière est mal perçu par les organisations d’ostéopathes qui s’inquiètent pour l’avenir de leur profession. Une cinquantaine d’écoles en ostéopathie ont été agréées ces dernières années par le ministère de la Santé. Le nombre de professionnels a considérablement grimpé. La France compte aujourd’hui 14 500 ostéopathes – contre 8 000 en 2007. Leur nombre a considérablement augmenté ces dernières années.

« Trop d’écoles, trop de professionnels, plus assez de revenus : l’ostéopathie est en danger », clame l’Union fédérale des ostéopathes de France (UFOF), qui constate que de 2008 à 2009, les ostéopathes ont subi une baisse de leur bénéfice moyen de 12 %. D’aucuns souhaitent des critères d’agrément des écoles plus contraignants pour harmoniser l’enseignement de l’ostéopathie et « ouvrir vers une régulation par la qualité du nombre d’établissement de formation », à l’instar du Syndicat français des ostéopathes (SFDO), qui a lancé une campagne de recours contre une trentaine d’agréments d’écoles.

Le syndicat de médecins ostéopathes, Ostéos de France regrette pour sa part une « décision tardive » qui a entraîné une « multiplication de centres de formation de piètre qualité, source de désillusions pour les jeunes en formation, leur famille et leurs éventuels patients ». La Fédération française des masseurs kinésithérapeutes (FFMKR) est en revanche satisfaite du décret. « Pour obtenir le titre d’ostéopathe, le masseur-kinésithérapeute allait devoir effectuer 7 020 heures pour valider son titre contre 4 725 heures aujourd’hui », souligne la FFMKR qui voit dans ce décret la correction d’une injustice.

Loin d’avoir encadré l’ostéopathie, la réglementation a au contraire accru le malaise de cette profession.

Des décrets d’application de la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) sont attendus. Ils doivent instituer de nouveaux critères d’agréments des écoles et l’augmentation du nombre d’heures des formations. Un rapport de l’OMS préconise d’atteindre 4 200 heures d’enseignement dont 1 000 heures de pratiques cliniques.

 CHRISTOPHE GATTUSO

Source : Le Quotidien du Médecin: 8948