UNE CINQUANTAINE d’étudiants ont pris place dans un auditoire du campus Érasme de l’ULB, en proche banlieue de Bruxelles. Guillaume, 22 ans, s’apprête à retourner en cours. Après ses 3 premières années à Mons, le jeune homme originaire de Valenciennes a choisi de poursuivre son cursus à Bruxelles. « Nous étions environ 25 % de Français », poursuit l’étudiant de 5e année, qui se souvient de l’engouement pour la Belgique, ce pays qui venait d’abroger le numerus clausus, un an avant son arrivée. Sauf imprévu, l’étudiant achèvera son cursus de base de sept années dans deux ans et il se spécialisera en Belgique en médecine générale (2 années supplémentaires) ou en urologie (5 années). Alors que 80 % des Français rentrent au bercail à l’issue de leur formation, il se verrait poursuivre l’aventure outre-Quiévrain. « Je vis ici depuis 5 ans, j’ai de la famille et des amis et je ne suis pas loin de chez moi ». Il se dit bien accepté de ses camarades belges. « On se fait toujours un peu charrier, reconnaît-il toutefois. Certains nous disent qu’on pique leur place. »
Avec l’augmentation des effectifs, des cours ont désormais lieu dans un amphi situé au sous-sol de l’hôpital car il n’y avait plus assez de places dans les amphis de la faculté.
Plus accessible.
À l’extérieur de l’hôpital, un interne fume sa cigarette sous un préau pour se protéger de la pluie. Bingo, encore un Français. Jean-François, 26 ans, en 7e année, effectue son stage de pédiatrie à l’hôpital Érasme. Il est parti de Rennes il y a 9 ans – il a redoublé deux fois – pour suivre sa compagne. Depuis, elle l’a quitté mais lui n’a pas quitté la Belgique. « Je veux faire radiologie », explique le jeune homme. « Encore 5 ans de formation, cela me fera 14 ans d’étude », sourit-il. Jean-François ne sait pas non plus s’il retournera exercer dans l’Hexagone. « La plupart de mes amis français veulent s’installer en Belgique », poursuit-il. Il les compte tout bas, le mégot en l’air. « J’en connais une dizaine qui veulent rester et deux qui veulent repartir ».
À quelques mètres, un autre Français de 20 ans, Martin, quitte la résidence étudiante. Arrivé l’an dernier des Yvelines, il marche dans les pas de ses deux aînés qui ont fait « dentisterie » et vétérinaire à Bruxelles. Ses parents ont acheté un appartement pour la fratrie à Bruxelles. Lui veut devenir orthodontiste. Il y a un an, il a été tiré au sort. « Les gens sont plus cools ici, il y a un examen et pas de concours, c’est plus accessible ». Il a tout de même redoublé. Cette année, il s’accroche. « Les amphis commencent à se vider un peu », explique-t-il, avant d’entrer dans le sien.
Dans un hall adjacent, Julie, 19 ans, papote avec un camarade. « En France, on nous abreuve de livres et de photocopies à assimiler. Ici, ce n’est pas le cas mais on exige plus de qualités ». La jeune femme a raté le concours à Paris-VI. Elle n’a pas supporté la pression du concours, les conditions de travail. La Française ne devrait pas être ici. Mais la personne tirée au sort avant elle n’ayant pu fournir un dossier complet, elle a été repêchée. Elle entend bien en profiter pour devenir psychiatre.
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