Médecine esthétique : l'alerte de l'Académie

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Publié le 14/10/2022
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Alors que le marché mondial de l'esthétique médicale et chirurgicale devrait tripler dans les dix ans, l’Académie de médecine s’inquiète des dérives liées à ces pratiques. La médecine esthétique « risque d’échapper à tout contrôle et de poser de graves problèmes de compétence », redoutent les sages. En France, contrairement à la spécialité reconnue de « chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique », la médecine dite esthétique ne relève pas « d’une spécialité en soi », rappelle l’Académie. Or, de nombreux « pseudo-spécialistes non qualifiés » font la promotion d’injections de botox ou d’acide hyaluronique sur les réseaux sociaux. Le tout dans un contexte où « de nombreux produits falsifiés circulent », ajoutent les académiciens, qui rapportent des complications graves – « non-respect des règles d’asepsie, paralysies ou nécroses cutanées, liées à une injection mal réalisée, voire des déformations ».

Pour « maîtriser les risques », l’Académie rappelle que la pratique de la médecine esthétique doit être réalisée par un médecin et propose qu'une formation « appropriée, exigeante et validante, dans le cadre d'un diplôme universitaire ou inter-universitaire » soit requise pour tous les nouveaux praticiens qui s'orientent vers ce domaine. Elle réclame un référencement sérieux (des spécialistes autorisés à pratiquer la médecine esthétique) fait par l’Ordre ou les conseils nationaux professionnels (CNP). Enfin, la rue Bonaparte souhaite rendre « obligatoire » la déclaration des effets secondaires graves de ces actes (par les médecins et les patients).

L.G. 

Source : Le Quotidien du médecin