Laissez-moi vous conter l’histoire d’un patient américain, un homme d’une cinquantaine d’années. Se sentant très fatigué – sans aucune explication apparente – et inquiet au plus haut point de voir son état de santé décliner rapidement, il consulte un médecin spécialiste. Ce dernier l’examine, lui prescrit un check-up total et le revoit quelques jours plus tard avec ses examens au grand complet. Aux États-Unis, à cette époque, on n’est jamais avare d’informations et le médecin va donner à son patient le résultat – sans filtre – de ses investigations. « Monsieur, je suis sincèrement désolé, mais votre bilan n’est pas bon du tout. En fait, vous avez un cancer généralisé et il ne vous reste plus qu’un mois à vivre… dans le meilleur des cas. Il n’existe aujourd’hui aucun traitement à vous proposer. » Le patient accuse le coup. Puis, de retour chez lui, c’est avec un grand calme qu’il décide de vendre tous ses biens ainsi que sa maison et de clôturer son plan d’épargne. Pourquoi ? Eh bien, tout simplement parce qu’il a décidé, n’ayant plus rien à perdre, de réaliser son rêve de toujours et de faire un tour du monde puisqu’il ne lui restait qu’environ 30 jours à vivre.
L’effet du soleil ? Le changement de vie ? Ou un petit miracle ? Notre patient se sent progressivement de mieux en mieux… Il continue son tour du monde et en apprécie chaque minute. Mais le temps passe. À tel point qu’il va devoir sérieusement envisager de mettre fin à son grand voyage, car ses finances sont désormais au plus bas. De retour chez lui, il reprend rendez-vous avec le médecin qui s’étonnera, six mois plus tard, de le revoir en aussi bonne forme. Muni de son nouveau bilan, son praticien lui annonce avec un très grand sourire : « Monsieur, c’est un miracle ! Vous allez très bien aujourd’hui. Dans les faits, soit je me suis totalement trompé de diagnostic, soit vous vous êtes guéri par vous-même. Cela est rare mais reste fort possible. » Pourquoi ne pas avoir évoqué cette « rare » configuration plus tôt ? Pourquoi n’avoir prédit aucun avenir possible, six mois auparavant ? Il faut noter que notre patient est revenu presque totalement ruiné par ce périple autour du monde qu’il n’avait pas prévu initialement.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Cet Américain demandera des comptes à son médecin pour le préjudice qu’il estimera avoir subi en lien avec une mauvaise information donnée par ce professionnel. La justice tranchera un peu plus tard et le malade recevra à titre de dédommagement, de la part de l’assureur du médecin, plusieurs millions de dollars au titre de dommages et intérêts car le diagnostic de cancer généralisé qui lui avait été donné était erroné. Mais nous sommes aux USA… On ne saura jamais s’il y a eu erreur médicale ou une auto-guérison exceptionnelle chez un patient qui n’avait plus rien à perdre. Qu’importe. Nous nous devons de rester dans le cadre d’un optimisme bienveillant. C’est la raison pour laquelle, dans certaines circonstances, le malade devra être le plus fort et il trouvera l’énergie qu’il puisera en lui-même afin de lui permettre de vaincre la maladie. Cette histoire montre s’il en était besoin qu’il ne faut jamais s’avouer vaincu face à l’adversité. Tout reste toujours possible. Chacun de nous possède peut-être une bonne étoile en laquelle il lui faut croire.
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