65, le nombre de cas autochtones de dengue observés en France métropolitaine en 2022 peut sembler modeste. Il témoigne pourtant d’une tendance inquiétante : « l’inéluctable » émergence des arboviroses et des épidémies de ces maladies à transmission vectorielle. Durant la dernière décennie, Santé publique France rappelle ainsi avoir comptabilisé 48 cas autochtones de dengue en métropole, tandis que l’outre-mer est touché par des épidémies depuis plusieurs décennies, le nombre de cas se comptant en milliers certaines années. En ce début d’année, deux foyers de dengue sont actifs en Guadeloupe. En cause les moustiques Aedes (albopictus et aegypti), vecteurs de dengue, du Zika, du chikungunya et de la fièvre jaune.
Rappelons que le 31 mars 2022, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé une « initiative mondiale dédiée aux arboviroses » ou GLAI. « La fréquence et l'ampleur des épidémies liées à ces arbovirus, en particulier celles transmises par les moustiques Aedes, augmentent à l'échelle mondiale, alimentées par la convergence de facteurs écologiques, économiques et sociaux », notait l’OMS. Et pour lutter contre cette menace mondiale, l’initiative a défini les six piliers d’actions prioritaires : surveillance et anticipation des risques ; réduction du risque épidémique ; renforcement de la lutte antivectorielle ; prévention et préparation aux pandémies ; amélioration de l’innovation et des nouvelles approches et construction d’une coalition de partenaires.
Alors que le réchauffement climatique laisse augurer une augmentation du phénomène, des travaux sont menés en France. D’autant que l’absence d’antiviral et de vaccin oblige à trouver d’autres façons de lutter. À la Réunion, on mise ainsi sur la technique de l’insecte stérile (TIS) avec des résultats encourageants, comme en témoigne le reportage dans nos pages (à lire p. 10). Se pose aussi la question de l’anticipation. Et la directrice du laboratoire Arbovirus et insectes vecteurs à l’Institut Pasteur, Anna-Bella Failloux, alerte sur la résistance aux insecticides (lire l’entretien p. 13), qui pourrait obliger à augmenter les doses des seuls produits existants.
Le concept One Health trouve alors toute sa place. La lutte contre les arboviroses passe en effet par une approche pluridisciplinaire et globale. Fin 2022, dans un article dans le « Lancet », les membres du Conseil scientifique Covid-19, prédécesseur du Comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires (Covars), appelaient notamment à un plan d'action vers des approches « une seule santé ». Sur le sujet spécifique des arboviroses, un avis du Covars est ainsi attendu dans les prochaines semaines.
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