Après la crise des urgences cet été, la crise des urgences pédiatriques ? Plus de 4 000 soignants, spécialistes de la pédiatrie et associations de patients, ont adressé une lettre ouverte au président de la République dans les colonnes du Parisien le 21 octobre pour alerter sur la saturation des hôpitaux pédiatriques, face à un pic d’activité saisonnier lié à la bronchiolite.
En effet, début octobre, quatre régions étaient entrées en phase épidémique, signalait Santé publique France. La semaine dernière, la quasi-totalité des régions métropolitaines étaient au stade épidémique (sauf la région PACA qui est en phase pré-épidémique et la Corse). Santé publique France indiquait que près de 3 000 enfants avaient été accueillis aux urgences pour cette infection durant la semaine du 10 au 16 octobre, (+ 46 % par rapport à la semaine précédente) et que près de 1 000 enfants avaient été hospitalisés (+ 50 % par rapport à la semaine précédente).
16 transferts depuis l'Île-de-France
Le 21 octobre, l’agence régionale de santé d’Île-de-France alertait d’ailleurs sur les « fortes tensions » dans les services de pédiatrie des établissements franciliens et signalait que des transferts vers des hôpitaux en dehors de la région avaient été réalisés. Dans l’entourage du ministre de la Santé, on confirmait dimanche 23 octobre, 16 transferts.
Un plan d'actions doté de 150 M€
Interrogé sur BFM Politique le 23 octobre, François Braun a donc annoncé des mesures pour répondre à l’urgence. À savoir un plan d’actions immédiat doté de 150 millions d’euros pour « les services en tension ». L’utilisation de cette enveloppe se fera en concertation avec les ARS et l’ensemble des parties prenantes dans les prochains jours, assure-t-on dans l’entourage du ministre. Il a également été annoncé le possible déclenchement de plans blancs dans certains hôpitaux.
François Braun a aussi appelé les parents à « appeler le 15 » pour éviter de saturer les urgences. Dans l’entourage du ministre, on précise que cette communication sur l’appel au 15 était une des mesures mises en place cet été et « qui a très bien fonctionné ». La publication des rapports Igas sur les mesures de la mission flash sur les urgences et les soins non programmés est, elle, toujours attendue.
Prolongation des mesures de la mission flash
Dans le même temps, il a été annoncé la prolongation des mesures de la mission flash de Braun mises en place cet été et notamment de la majoration de 15 euros pour les médecins pour les soins non programmés régulés par le Samu ou un SAS. L’entourage du ministre ne précise pas pour quelle durée cette prolongation est prévue ni si les mesures avaient bien pris fin le 30 septembre.
Le Collectif de Pédiatrie à l’origine de la lettre ouverte n’a pas manqué de réagir à ces annonces, signalant notamment « que le plan blanc a été déclenché une fois par an durant les trois dernières années. S’il permettra d’augmenter le nombre de lits pour accueillir des enfants avec bronchiolites, il aura également comme conséquence d’annuler ou de retarder une nouvelle fois des soins programmés notamment pour des enfants porteurs de maladies chroniques ou de cancers ». Sur le budget de 150 millions d’euros, le collectif appelle à « prendre des mesures de fond et (à) mettre fin à une conception comptable de la santé ».
Des assises de la pédiatrie prévues au printemps 2023
Le ministère de la Santé a par ailleurs évoqué l'organisation au printemps d' « assises de la pédiatrie » afin de mettre « autour de la table toutes les parties prenantes concernées afin de travailler sur l'ensemble des difficultés structurelles ».
Le collectif estime que « cette annonce survient après le déroulement du Ségur de la Santé, de la Mission Flash, du Conseil de la Refondation… ce qui témoigne de l’inefficacité manifeste de telles mesures. C’est maintenant que la pédiatrie est asphyxiée, c’est maintenant qu’il faut agir ».
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