Problème de démographie médicale, persistance des pénuries de médicaments, crise des urgences puis de la pédiatrie… L’année 2022 a été marquée par de nombreuses alertes et tensions sur le système de soins en France. Et pour bon nombre, un défaut d’anticipation des pouvoirs publics depuis plusieurs dizaines d’années a été pointé. Des actions ont été prises dans l’urgence pour répondre à certaines de ces alertes. Rappelons les mesures de l’été pour l’accès aux soins qui ont été prolongées, en partie pour faire face aux problèmes de la pédiatrie à l’automne, et dont certaines pourraient figurer dans la future convention médicale. Mais pour d’autres, il faudra du temps long.
Alors, faut-il mieux anticiper pour être mieux préparés ? « Notre enjeu est de trouver des solutions pour le présent mais aussi pour l’avenir », affirmait le ministre de la Santé et de la Prévention, François Braun, en octobre au Généraliste. Ajoutant : « Ce qui m’intéresse, ce n’est pas de savoir quels seront nos besoins dans cinq ans – les médecins sont déjà en train d’être formés – mais ce qu’ils seront en 2030 et en 2050. C’est ça, le véritable enjeu. Comment on imagine notre santé à cette époque, quels seront nos besoins par profession et pour les médecins par spécialité ».
Pour autant, assiste-t-on à une véritable prise de conscience politique ? Plusieurs signaux sont à relever. Comme la création de l’Agence de l’innovation en santé, dont une des missions repose sur la prospective. Ou encore celle du Comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires (Covars), dont la mission est élargie par rapport à son prédécesseur, le Conseil scientifique Covid-19 formé face à l’urgence de la situation. Certaines mesures du projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2023, adopté début décembre, s’inscrivent également dans ce temps long, comme celles concernant la prévention. D’autres font plutôt l’effet de rustines pour pallier les problèmes actuels. Faudra-t-il une grande loi santé pour assumer une anticipation pluriannuelle afin de faire face aux futurs défis de santé ?
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