Mouvement social/Attractivité

Les syndicats de MG font front uni contre la quatrième année de stage

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Publié le 17/11/2022

Crédit photo : GARO/PHANIE

Les étudiants en médecine ont le moral plus qu'en berne depuis l'annonce de l'ajout d'une quatrième année au DES de médecine générale, selon un sondage* réalisé par l'Anemf publié le 17 novembre : parmi ceux ayant fait comme premier choix la médecine générale, plus d'un étudiant sur deux (50,4%) remet cette idée en question et 7,7% ont décidé de ne plus exercer dans cette spécialité. Pire, parmi ceux souhaitant devenir MG, 54 % réfléchissent à le faire à l'étranger. 5,3% en sont déjà certains. Alors que l'anxiété touche plus de 4 étudiants sur 5, plus d'un étudiant sur 3 (32,7%) a pensé arrêter ses études dans les dernières semaines. Les syndicats** unis contre la mise en place de la quatrième année d'études (en fait une dixième année pour les étudiants en MG) dénoncent une perte d'attractivité de la médecine générale suite à cette annonce. Ils craignent une année blanche sans nouveau médecins diplômés lors de sa mise en application.

Manque d'encadrement supplémentaire

Selon Raphaël Presneau (Isnar-IMG), « il n'y a pas de projet pédagogique. Cela sera délétère ». Et de dénoncer le doublement des stages sans encadrement supplémentaire. Le syndicaliste réclame des moyens supplémentaires (les jeunes internes perçoivent 2 000 euros net) et de meilleures conditions de formation (ils doivent bénéficier de 26 jours d'enseignement par an dans les facultés, mais à peine la moitié est assurée). L'instauration d'une quatrième année était réclamée depuis des lustres par les doyens des facultés de médecine. Les syndicats ne sont pas contre pour le principe, mais contre la manière dont cette mesure est opérée (les autres spés de médecine sont déjà à dix années). Par exemple, ils ne comprennent pas pourquoi les doyens sont hostiles à une rémunération à l'acte des jeunes praticiens en cas de mise en place de cette mesure. Ils sont d'ailleurs réfractaires au projet de régulation évoqué par nombre de parlementaires et de politiques. Ces professionnels se plaignent du nombre grandissant de contraintes que la tutelle veut leur imposer. Pour se faire entendre, le mouvement de grève illimité des étudiants en médecine entamé le 14 octobre dernier (voir notre brève) se poursuit. Les représentants syndicalistes ont d'ailleurs été reçus au ministère de la Santé cet après-midi, après une nouvelle manifestation. Quant aux cabinets libéraux qui organisent déjà les vendredis de la colère, ils lancent un mouvement pour les 1er et 2 décembre.

 

 

* Ouvert aux étudiants en médecine de la deuxième année à la sixième année via les réseaux sociaux (Facebook, Instagram), les mails des associations et élus locaux, diffusé du 9 novembre au 13 novembre 2022. En cinq jours, 6 562 réponses ont été reçues, soit 2 252 étudiants du premier cycle (2e et 3e années) et  4 310 étudiants du second cycle (4e, 5e et 6e années).
** Isnar-IMG, Anemf, Reagjir, MG France, FMF, CSMF, SML.


Source : lequotidiendumedecin.fr