C'est sans surprise dans le champ de l'oncologie que Paul Hudson à la tête de Sanofi vient de réaliser sa première opération de croissance externe. Est-ce le début des grandes manœuvres afin de rattraper son retard dans le cancer face à MSD, Roche, BMS, ou AstraZeneca ? La cible visée est une biotech américaine Synthorx acquise pour 2,5 milliards de dollars. C'est en tout état de cause un pari pour la big pharma française. Le projet le plus développé, THOR-707, une interleukine 2 (IL2) concerne en effet un produit en phase 1-2. Cette classe thérapeutique est loin d'être nouvelle. Et a soulevé il y a plusieurs années de nombreux espoirs. En oncologie, l'IL 2 devait être administrée à forte dose. Et entraînait dans ces conditions un syndrome grave de fuite vasculaire. Face à cette mauvaise tolérance Novartis avait même cédé les droits de son IL2. L'apport de Synthorx, en parallèle avec d'autres biotechs, a été de concevoir une IL-2 modifiée et donc dotée d'une tolérance optimisée. Des études menées chez l'animal ont été présentées lors de la dernière édition de l'ESMO en septembre dernier. Les résultats montraient chez la souris une survie prolongée sans provoquer une fuite vasculaire. Outre son efficacité comme agent unique, le potentiel de ce traitement repose sur l'association avec d'autres traitements immunomodulateurs comme les anti-PD1 par exemple. Des développements sont également envisagés dans les maladies inflammatoires. Le retour des IL2 en oncologie s'il est prometteur n'est pas toutefois sans risque.
Abandon de la recherche en diabétologie et dans les maladies cardiovasculaires
En attendant, Paul Hudson opère le grand ménage pour se recentrer sur les produits à fort potentiel. Sanofi abandonne la recherche en diabétologie et dans les maladies cardiovasculaires. D'où la fin annoncée de l'histoire pour le Praluent®, l'anti PCSK9 contre le cholestérol. Même le Kezvara® indiqué dans la polyarthrite et récemment mis sur le marché fait les frais de cette nouvelle stratégie. Paul Hudson mise plutôt sur le Dupixent© qui bénéficie d'une AMM dans l'eczéma et l'asthme. Il lui est fixé un objectif ambitieux avec des ventes annuelles programmées à 10 milliards d'euros. Les maladies rares en hématologie sont également désignées comme des vecteurs de croissance. Enfin une croissance forte, entre 5 % à 9 % est envisagée pour les vaccins.
L'OTC prend son autonomie
L'avenir de Sanofi ne s'écrirait plus avec le maintien de la division de médicaments OTC. À l'image d'autres laboratoires qui envisagent la cession de cette activité, l'entité santé grand public se voit accorder une autonomie globale, prélude selon les experts soit à une mise en bourse, soit à une vente. L'opération, si elle se confirme, est toutefois délicate. La branche OTC dégage à la fois une marge importante. Et génère 17 % du chiffre d'affaires du laboratoire. Cette cession toutefois générerait un véritable pactole estimé entre vingt et trente milliards d'euros. Résultat immédiat, ces annonces ont entraîné une forte hausse du titre à la Bourse de Paris. Elles ont été nourries par la promesse d'un taux de marge en 2022 de 30 %. Reste désormais à la concrétiser.
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