Ce mercredi, Emmanuel Macron était en visite dans un service de pédopsychiatrie au CHU de Reims, débordé par l’afflux des jeunes en détresse. L’impact psychologique de la crise est fort sur l’ensemble des Français, particulièrement chez les enfants et les adolescents. À l’image, des « chèques psy », mis en place pour les étudiants depuis le mois dernier, le président de la République a donc annoncé le lancement d’un forfait de prise en charge de dix séances de psychologue prépayées pour les enfants en détresse.
« Nous avons aujourd'hui un problème de santé qui touche nos enfants et adolescents, qui se rajoute à l’épidémie », a déclaré le chef de l'État au cours de la rencontre avec les soignants du service de pédopsychiatrie. Le forfait permettra le remboursement à 100 % de 10 séances de psychologue en ville pour des enfants et adolescents de 3 à 17 ans, a précisé la présidence. Il sera activable tout au long de la crise, auprès de psychologues partenaires identifiables sur une plateforme et dans le cadre d’un parcours de soin passant par tout médecin, qui prescrira ce forfait d’urgence.
Des services de pédopsychiatrie débordés
« On voit monter quelque chose qu'on n'avait pas connu au premier confinement, une anxiété et des angoisses chez les plus jeunes qui se sont traduites dans les chiffres », a souligné Emmanuel Macron, en citant une hausse de 40 % des urgences pédiatriques. Malgré tout, quatre parents sur dix déclaraient déjà avoir observé des signes de détresse chez leur enfant lors du premier confinement, en raison notamment de la contrainte d'enfermement et de l'absence de relations sociales liée à la fermeture des écoles.
Face à cette demande, les services de pédopsychiatrie, en manque d'effectifs depuis longtemps, sont débordés. « Il faudrait doubler, voire tripler les effectifs » des soignants, a alerté la cheffe du service de pédopsychiatrie, Anne-Catherine Rolland, qui lui a précisé que les demandes de consultations avaient doublé depuis septembre. Il faut maintenant huit mois d'attente pour obtenir un rendez-vous. Reims ne compte que deux pédopsychiatres de ville. « On est fatigué, ce n'est jamais fini, on est très sollicité en permanence », a-t-elle raconté au chef de l'État, accompagné du ministre de la Santé Olivier Véran et du secrétaire d'État en charge de l'enfance Adrien Taquet. « Ils viennent pour des dépressions, des troubles alimentaires, des refus d’école » , a-t-elle témoigné.
Au-delà du forfait d'urgence, Emmanuel Macron a promis que des réponses plus structurelles seront débattues lors des Assises de la santé mentale prévues cet été. Sera ainsi abordé le manque d'attractivité de la profession de pédopsychiatre.
(avec AFP)
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